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Bulletin Quotidien Europe N° 10743
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) israËl

Appel de Catherine Ashton à renoncer à de nouvelles colonies

Bruxelles, 03/12/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, a appelé, dimanche 2 décembre, le gouvernement israélien « à montrer son engagement quant à une reprise rapide des négociations pour mettre fin au conflit et à l'occupation en ne poursuivant pas le projet » de construire 3 000 nouveaux logements en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Rappelant que « toute construction de colonies est illégale en vertu du droit international et constitue un obstacle à la paix », Catherine Ashton s'est dite « extrêmement préoccupée par les perspectives d'expansion de la colonisation à une telle échelle ».

La chef de la diplomatie a aussi exhorté une nouvelle fois le Premier ministre israélien M. Netanyahou et le président palestinien M. Abbas à œuvrer à un règlement du conflit israélo-palestinien, ce qu'elle avait déjà fait le 29 novembre, au nom des 27 États membres, en amont du vote sur la reconnaissance du statut d'état observateur de la Palestine aux Nations unies (EUROPE n° 10742). Elle a invité « les deux parties à œuvrer pour la reprise des négociations directes sans délai ni conditions préalables ». « J'ai appelé toutes les parties concernées à poursuivre les actions qui pourraient renforcer la confiance, non la saper », a-t-elle ajouté. La Haute représentante est en contact permanent avec les États membres et ses partenaires internationaux et le processus de paix au Proche- Orient sera abordé au Conseil Affaires étrangères du 10 décembre, précise-t-on au Service européen pour l'Action extérieure.

Un coup fatal pour la paix ?

Dans un communiqué, le porte-parole de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a souligné que « les colonies sont illégales au regard du droit international et si (ce projet) venait à se concrétiser, cela porterait un coup presque fatal aux dernières chances de garantir une solution à deux États ». Il a précisé que « pour la paix », ce projet doit être annulé.

Plusieurs pays européens ont fait part de leurs inquiétudes quant à la décision israélienne. Paris et Londres ont convoqué lundi les ambassadeurs israéliens sur leurs territoires et, selon le quotidien Haaretz, envisageraient de rappeler leurs ambassadeurs en Israël pour protester contre cette décision. « Le Royaume-Uni conseille fortement au gouvernement israélien de revenir sur sa décision », a annoncé le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague. « S'ils sont appliqués, ces plans modifieraient la situation sur le terrain à une échelle qui rend la solution à deux États, avec Jérusalem comme capitale partagée, de plus en plus difficile à atteindre. Ils porteraient atteinte à la réputation internationale d'Israël et créeraient des doutes quant à sa volonté affichée de parvenir à la paix avec les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Son homologue français Laurent Fabius a appelé « les autorités israéliennes à s'abstenir de toute décision en ce sens et à manifester clairement leur volonté de reprendre les négociations ». Il a ajouté que si cette décision était confirmée, elle serait « grave ». « Elle constituerait un obstacle sérieux à la solution de deux États, en portant atteinte à la contiguïté territoriale d'un futur État palestinien. Elle saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue », a expliqué M. Fabius.

Partageant « l'esprit » de la déclaration de la Haute représentante, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a réitéré son appel à une reprise rapide et inconditionnelle des négociations. Il a exhorté Israël et l'Autorité palestinienne à « s'abstenir de tout acte unilatéral de nature à miner la crédibilité du processus de paix », tout comme son homologue allemand, Guido Westerwelle.

Ne pas s'attacher qu'à la question des colonies

Le conseiller politique de la mission d'Israël auprès de l'UE, Yoel Mester a précisé à EUROPE que « mettre un accent exagéré sur la seule question des colonies juives risque de détourner l'attention d'autres questions, non moins importantes, fondamentales du conflit israélo-palestinien ». « Les colonies ne sont que l'une des questions à traiter par les parties dans des négociations directes. Israël a démontré, par le passé, sa volonté de prendre des mesures audacieuses afin de faire avancer la paix avec ses voisins, y compris faire des concessions douloureuses », a-t-il ajouté.

L'État hébreu a annoncé, vendredi 30 novembre, son intention de construire 3 000 nouveaux logements, en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Cette annonce est intervenue au lendemain du vote à l'Assemblée générale des Nations unies qui a accordé à la Palestine un statut d'État observateur non membre aux Nations unies. (CG)

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