Bruxelles, 03/12/12 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis, lundi 3 décembre à l'heure à nous mettions sous presse, pour évoquer la situation de la Grèce et de Chypre. Cette réunion devait permettre aux Dix-sept d'apprécier le programme de rachat de dette mis sur pied par Athènes et lancé le même jour par l'Agence de la gestion de la dette grecque (PDMA), conformément aux décisions prises lors de l'Eurogroupe du 27 novembre (EUROPE n° 10739). La réussite de cette opération, qui vise à alléger le fardeau de la dette d'environ 20 milliards d'euros, soit 11% du PIB grec, conditionne l'octroi de la prochaine tranche d'aide de 34,4 milliards d'euros dont le déblocage est espéré au Sommet européen des 13 et 14 décembre. Le ministre Français de l'Économie, Pierre Moscovici, a souligné lors d'un débat au Parlement européen, la « nécessité d'aller très vite » pour faciliter une décision à cette date.
La Commission européenne a refusé lundi de commenter l'opération en cours, réservant son jugement lorsque les résultats seront connus vendredi. L'agence PDMA a annoncé le même jour avoir lancé « une invitation », expirant ce vendredi 7 décembre, aux créanciers privés qui détiennent toujours des titres grecs pour une valeur située entre 50 et 60 milliards d'euros. Ces investisseurs se verront proposer des titres adossés au Fonds européen de sauvetage (FESF) pour une valeur totale de 10 milliards d'euros contre les obligations souveraines qu'ils détiennent. L'opération, qui se fera sur base volontaire, est délicate. Elle se traduira par une nouvelle décote des titres détenus par les créanciers privés, après une 1ère opération analogue intervenue au printemps dernier et qui avait permis d'effacer 107 milliards de créances. L'État grec prévoit en effet d'offrir 32,2 % à 40,1 % de la valeur faciale des obligations qui seront rachetées. Sont concernés des titres arrivant à échéance entre 2023 et 2042, pour un total supérieur à 62 milliards d'euros. L'objectif est celui fixé par les Dix-sept mardi dernier, c'est-à-dire réduire le ratio dette/PIB à 124 % du PIB en 2020.
Vers un second Eurogroupe pour Chypre ? Il semblait clair lundi qu'aucune décision n'allait intervenir sur le programme d'assistance financière sollicité par Nicosie en juin dernier, le ministre néerlandais évoquant d'ailleurs une « réunion basique de l'Eurozone ». L'île espère toujours un accord avant la fin de l'année, selon une source proche du dossier, qui entrevoyait d'ailleurs la possibilité d'une autre réunion des Dix-sept la semaine prochaine (mercredi 12 décembre ?), une fois connus les besoins en recapitalisation des banques. Ceux-ci sont attendus de l'agence PIMCO aux alentours du 8 décembre. Le Financial Times publiait lundi un projet de protocole d'accord entre Chypre et ses créanciers, lequel prévoit 10 milliards d'euros rien que pour la recapitalisation du secteur bancaire, soit déjà plus de la moitié du PIB chypriote.
Espagne. Les Dix-sept devaient également se pencher sur la demande d'aide financière de 39,5 milliards d'euros déposée ce lundi par Madrid. La Commission avait donné son feu vert mercredi dernier au plan de restructuration des quatre banques espagnoles en difficulté (EUROPE n° 10740). (EL)