Bruxelles, 03/12/2012 (Agence Europe) - La décision sur la réalisation du projet de gazoduc GALSI devant relier l'Algérie à l'Europe via la Sardaigne est reportée au 30 mai 2013 pour des « raisons techniques », annonce la société nationale des hydrocarbures Sonatrach dans un communiqué qui ne semble pas convaincre les médias locaux. La société nationale algérienne détient 41,6 % de parts dans la société du projet en association avec les groupes italiens Edison et Enel. Sonatrach et ses partenaires comptent acheminer par cette voie 8 milliards de m3 de gaz par an.
Sonatrach affirme dans son communiqué que le projet « avance conformément au planning établi par les actionnaires ». Ces derniers, qui se sont réunis le 14 novembre, « lui accordent toujours le même intérêt ». La presse algérienne rappelle cependant qu'en juillet dernier le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, avait indiqué que son groupe allait devoir confirmer en novembre son intérêt sur l'opportunité de développer ou d'abandonner ce projet. Car, avait-il laissé entendre, la décision d'engager le développement de ce gazoduc transcontinental, butait sur la détermination du prix du gaz livré.
« Nous ne pouvons l'engager que si nous avons des contrats fermes, les quantités de gaz dédiées (à cette canalisation) sont là et que l'on cesse d'avoir la pression actuelle sur les prix à long terme », avait-il alors dit selon le portail algérien des énergies renouvelables. « Nous considérons que nous ne devons pas investir sans que nos investissements ne soient pas garantis et protégés. Il faut que ceux qui enlèvent le gaz investissent avec nous et assurent un amortissement raisonnable de nos installations sur le long terme. » En juin, selon la même source, le ministre de l'Énergie et des Mines avait affirmé que l'Algérie allait maintenir la formule de prix des contrats gaziers à long terme avec ses clients européens, une fois arrivés à terme, excluant l'intégration des formules de prix du marché spot dans ses contrats de livraison par gazoducs. Il rappelle que des pays consommateurs demandent la refonte des contrats à long terme, dont les prix sont fixés par une indexation aux cours du pétrole.
Le quotidien El Watan va plus loin et affirme que la mésentente naissante est par ailleurs liée aux engagements italiens dans des projets concurrents. « L'Algérie dit qu'elle ne considérera pas les conditions d'investissement comme appropriées si l'Italie soutient South Stream et TAP », selon le journal se référant à des sources officielles selon lesquelles cette réticence a été exprimée lors de la visite à Alger du président du Conseil italien, Mario Monti, le 14 novembre dernier. « Les sources citées semblent contredire le contenu de la déclaration finale conjointe issue de la deuxième réunion de haut niveau algéro-italienne qui s'est tenue le 14 novembre dernier à Alger », présidée par MM. Bouteflika et Monti. (FB)