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Bulletin Quotidien Europe N° 10740
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Protectionnisme, la Norvège dans le viseur

Bruxelles, 28/11/2012 (Agence Europe) - L'UE craint que la hausse des taxes à l'importation en Norvège, dans le cadre du projet de budget du pays en 2013, entrave ses exportations de fromage et d'agneau.

La commission 'commerce international' du Parlement européen s'est fait l'écho, lors d'un débat en présence de l'ambassadeur de Norvège auprès de l'UE, Atle Leikvoll, mardi 27 novembre, des préoccupations de l'UE concernant l'impact du changement prévu en 2013 du système fiscal norvégien, sur le commerce avec son partenaire de l'espace économique européen (EEE). Le gouvernement du Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a en effet décidé cet automne d'améliorer les revenus des agriculteurs du pays en augmentant certaines taxes à l'importation sur les produits agricoles.

L'UE s'inquiète en particulier d'un changement qui prévoit des tarifs à l'importation ad valorem pour certains produits agricoles. En termes réels, cela signifie une hausse de 277 % des droits de douane pour les deux sortes de fromage, à pâte molle et à pâte dure, et une hausse de 439 % des droits à l'importation de viande d'agneau. Les modifications fiscales prévues vont aussi toucher la viande de bœuf, les steaks et les filets. Les pays qui en seraient les plus affectés seraient les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède.

« Non seulement ce qu'il se passe actuellement en Norvège va à l'encontre de ses engagements internationaux, mais cela ne devrait pas arriver entre amis », a regretté l'Allemand Daniel Caspary (PPE), qui présidait la réunion mardi. Le Suédois Christofer Fjellner (PPE) a dit craindre l'arrêt complet des exportations européennes de fromage vers la Norvège dans le cas où le nouveau système est mis en place, pointant du doigt l'absence de raisons d'opter pour des mesures protectionnistes pour un pays épargné par la crise, avec un taux de croissance économique de 5 % et un taux de chômage de 3,1 % seulement. De son côté, l'Allemand Helmut Scholz (GUE/NGL) a estimé que les mesures envisagées par la Norvège ne devraient être prises qu'à la suite de consultations bilatérales et non pas de manière unilatérale, comme Oslo l'a fait.

L'ambassadeur norvégien Ale Leikvoll a fait valoir que les changements dans le système fiscal de son pays sont une décision administrative, et non une décision de politique commerciale orientée contre l'UE. Le diplomate a fait référence à des concessions qui permettent à l'UE d'exporter vers la Norvège d'importantes quantités de produits agricoles en franchise de droits, et rappelé que les exportations de l'UE vers son pays ont augmenté de 150 % ces deux dernières années, quand celles de la Norvège vers l'UE n'ont crû que de 75 % .

Aux yeux de la Commission, les mesures prises par Oslo sont bien des mesures protectionnistes, a signifié un représentant de l'exécutif européen à l'ambassadeur de Norvège, soulignant qu'elles sont contraires à l'esprit et à la lettre de l'accord sur l'Espace économique européen. D'abord parce que la Norvège doit consulter l'UE avant toute décision de révision sur les droits de douane, ensuite parce que ses mesures vont à l'encontre de son engagement à libéraliser progressivement son marché de produits agricoles. (EH)

 

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