Bruxelles, 28/11/2012 (Agence Europe) - Siim Kallas a ouvert deux jours de conférence, « Connect to Compete », dédiés au réseau transeuropéen de transport (RTE-T). En plus de débattre des futures orientations du RTE-T, l'attention se porte largement sur le mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE), dont le budget dépend toujours du bon vouloir des États membres dans leurs négociations sur le cadre financier pluriannuel.
Le Commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, ne le répétera jamais assez, il faut mieux connecter l'Europe, surtout sur les tronçons frontaliers et en rendant les différents modes de transport interopérables. Les orientations proposées pour le RTE-T, sous forme de cartes de réseau central pour 2030 et global pour 2050, devraient y contribuer. M. Kallas se félicite que le Conseil 'Transports' ait déjà souscrit, en mars, à cette approche et à la méthodologie pour choisir les projets, ainsi qu'au MIE. Le Parlement devait se prononcer à son tour cette semaine sur ces sujets, mais le vote en commission parlementaire a été reporté au 18 décembre. Cependant, sur les orientations du RTE-T, les membres de la commission transport et tourisme (TRAN) ont déposé plus de 1000 amendements. De quoi préoccuper le commissaire: « Certains amendements ne font pas obstacle, mais d'autres ne sont pas conformes à la méthodologie proposée par la Commission. Je demande aux députés de se concentrer sur l'essentiel. » Le président de la commission TRAN, Brian Simpson (S&D, britannique), le déplore tout autant: « Chacun pense à son petit pré carré, c'est là que réside le problème. Les priorités nationales sont importantes pour les députés et on a une mosaïque de projets, mais pas un plan européen. » Il réaffirme qu'il faut « s'en tenir à la méthode proposée par la Commission, la plupart des amendements seront rejetés. L'heure n'est pas à la liste de cadeaux de Noël ». Le co-rapporteur sur la question, Georgios Koumoutsakos (PPE, grec), renchérit qu' « il est temps de voter, de prendre des décisions ». Il promet que les orientations seront adoptées par la commission TRAN, et renforceront la gouvernance des différents corridors.
Mais tous gardent en mémoire le MIE, dont le budget est en cours de négociation, et qui sera le mécanisme financier permettant à l'avenir d'investir davantage dans le RTE-T. M. Simpson juge que les négociations budgétaires à ce propos sont décevantes, et se demande si les États membres vont finalement se décider à investir de l'argent « pour la croissance et l'emploi », alors que « l'UE ne peut pas se passer d'investir dans les infrastructures ». Le commissaire européen Siim Kallas explique encore que le MIE est « le meilleur exemple de valeur ajoutée européenne dans le budget ». Il continue de craindre que « la pression sur les budgets nationaux ait pour conséquence que les pays donnent la priorité à leurs propres projets, et pas à des projets européens ».
La conférence « Connect to Compete » se déroule sur deux jours et est doublée d'une exposition de différents projets le long du RTE-T. Le jeudi 29 novembre est une journée d'information sur le prochain appel à propositions 2012 pour des financements européens sur le réseau. La Commission européenne a profité de l'occasion pour présenter également son nouveau portail public TENtec, qui fournit des informations actualisées sur l'avancement du RTE-T, sur base de cartes dynamiques. (MD)