Bruxelles, le 14/11/2012 (Agence Europe) - La zone euro et le FMI doivent trouver « le bon mix entre la baisse des taux d'intérêt et l'extension des maturités » des prêts afin de garantir la viabilité de la dette grecque, a estimé mercredi 14 novembre Charles Dallara, directeur général de l'Institut international de la Finance (IIF). L'IIF a mené les négociations sur la restructuration de la dette au nom des principaux acteurs du secteur privé. Lors d'un discours prononcé à la Banque nationale grecque à Athènes, il a aussi exclu « pour le moment » une décote des titres détenus par les créanciers institutionnels de la Grèce, une solution préconisée par le FMI mais que bon nombre de pays de la zone euro, l'Allemagne, refusent d'envisager. L'option de mettre à contribution les contribuables ('OSI' pour Official Sector Involvement) a été exclue par le Président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn (EUROPE n° 10729).
Mercredi en Malaisie, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a réitéré son souhait de concrétiser une « véritable solution » pour Athènes et non une « solution au rabais ». L'Eurogroupe s'est donné jusqu'au 20 novembre pour trouver une solution visant à assurer la viabilité de la dette grecque. Si une solution est trouvée, les Dix-sept devraient consentir au versement de la prochaine tranche d'aide à Athènes. Faute d'une décision rapide, le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, a mis en garde contre le risque que son pays soit confronté à « l'insolvabilité et à la faillite, avec des risques de contagion », mardi au Parlement européen. Mardi à Bruxelles où il a rencontré les présidents de la Commission européenne, M. Barroso, et du Conseil, M. Van Rompuy, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a prévu un déblocage rapide de la tranche d'aide, une fois un accord marqué entre le FMI et l'Eurozone sur la façon de rendre la dette grecque viable.
M. Dallara a également plaidé pour un assouplissement des conditions imposées à Athènes pour réduire son déficit budgétaire et a souligné la nécessité d'ajouter de la croissance aux mesures d'austérité. Sur ce dernier point, le ministère grec des Finances a annoncé l'injection prochaine de 700 millions d'euros de la BEI dans l'économie (transports, énergie, PME). Selon l'Autorité grecque des statistiques, le 3ème trimestre 2012 a été marqué par une nouvelle aggravation de la récession. La Grèce a en effet connu un recul de 7,2 % de son PIB sur un an lors de ce trimestre, après avoir chuté de 6,3 % au trimestre précédent.
Face à une conjoncture économique qui se dégrade encore en Grèce, faut-il revoir les données économiques sur lesquelles se basent les négociations entre la Grèce et ses créanciers ? « La Grèce vient juste d'adopter des décisions très convaincantes et difficiles en matière budgétaire et de réformes structurelles. L'Eurogroupe l'a reconnu, une situation qui devrait faciliter une décision sur le versement d'une prochaine tranche d'aide », a considéré le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn. (EL avec MB)