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Bulletin Quotidien Europe N° 10729
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Une semaine pour solutionner la viabilité de la dette

Bruxelles, 13/11/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé, lundi 12 novembre dans la soirée, de se laisser une semaine pour régler deux questions en suspens, à savoir la trajectoire de la dette grecque et les besoins budgétaires additionnels d'Athènes qui aura jusqu'en 2016 pour atteindre un excédent structurel de 4,5 %. Le prochain rendez-vous dont ils ont convenu pour le 20 novembre sera décisif pour le versement à Athènes de la prochaine tranche d'aide supérieure à 30 milliards d'euros. Selon l'agence Reuters, qui cite une source gouvernementale allemande, les pays de la zone euro pourraient même décider de regrouper plusieurs tranches attendues par le pays, et verser d'un seul coup un peu plus de 44 milliards d'euros à la Grèce. Selon un porte-parole du ministère des Finances allemand, aucune décision concernant les paiements n'a toutefois encore été prise.

Le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a précisé que les pays concernés entameraient entre-temps les procédures en vue d'obtenir les feux verts de leurs parlements respectifs au versement. Selon le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, l'objectif est d'obtenir ce décaissement « vers la fin novembre ou début décembre ». Afin de sécuriser la nouvelle tranche, Athènes doit encore accomplir certaines 'actions prioritaires', conformément à ce qu'avaient réclamé les Dix-sept au mois d'octobre (EUROPE n° 10706). Certaines de ces actions doivent être « clarifiées », a admis la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Daniel Cohn-Bendit et Rebecca Harms, co-présidents du groupe des Verts/ALE, ont déploré ce nouveau délai dans le versement de la prochaine enveloppe, jugeant que « cette modification continuelle des règles du jeu de sauvetage de la Grèce nuit à la crédibilité de l'UE et pousse la Grèce au bord du gouffre ». Elisa Ferreira (S&D, portugaise), porte-parole de la commission des Affaires économiques et monétaires au Parlement européen, a également appelé le Conseil à libérer cette tranche « dès que possible ».

Trajectoire de la dette. Le second plan d'aide prévoyait la réduction du ratio dette/PIB à 120 % pour 2020. Même si le FMI tient au respect de ce calendrier - Mme Lagarde évoquant « des vues divergentes » sur cette question avec les Européens, M. Juncker a évoqué la probabilité que cette échéance soit repoussée à 2022. Même son de cloche du côté de Paris, le Français Pierre Moscovici appelant ses partenaires à faire preuve de « pragmatisme quant à leurs propres lignes rouges ». Le Luxembourgeois Luc Frieden a également tablé sur une « solution dans les prochains jours » pour assurer que la Grèce retrouve un plein accès aux marchés des capitaux dans quelques années.

Le rapport préliminaire de la 'troïka' de créanciers estime à 32,6 milliards d'euros le coût d'un délai supplémentaire. Bien que le FMI juge nécessaire que les créditeurs institutionnels renoncent à une partie de leurs créances, les détenteurs publics de dette grecque ne subiront pas de décote sur les titres qu'ils détiennent, a indiqué M. Juncker. L'Allemagne a réitéré, mardi, sa ferme opposition sur ce point. L'hypothèse que les contribuables des pays prêteurs essuient des pertes, a également été exclue par Olli Rehn, commissaire chargé de l'euro. Il a évoqué une « combinaison d'éléments » afin de garantir la soutenabilité de la dette grecque. Plusieurs options sont sur la table: la réduction des taux d'intérêts (une option qui bénéficie de l'aval allemand), l'allongement de la maturité des prêts, ou encore le rachat par la Grèce de sa propre dette via le MES.

L'échéance du 16 novembre. La Grèce a levé, mardi, 4 milliards d'euros à 1 et 3 mois, à des taux en légère baisse. Cette somme lui permettra d'honorer ses échéances du 16 novembre, le temps de recevoir la tranche d'aide financière européenne. L'Eurogroupe a d'ailleurs exclu tout défaut de la Grèce à cette date.

M. Stournaras s'est félicité que les Dix-sept aient reconnu l'étendue des efforts entrepris par son pays. À l'adresse du peuple grec, il a affirmé que le plus gros du programme d'ajustement était derrière eux. L'Eurogroupe, comme le FMI et la Commission, ont salué l'adoption de deux paquets cruciaux la semaine dernière, l'un portant sur les mesures d'austérité, l'autre sur le budget pour l'année 2013. Seul Anders Borg, ministre suédois des Finances, a considéré que la crédibilité à long terme des mesures préconisées demeurait une question « ouverte ». (EL)

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