Bruxelles, 30/10/2012 (Agence Europe) - Athènes est parvenue à un accord « sur les mesures et sur le budget » avec ses créanciers internationaux (représentés au sein de la 'troïka'), a annoncé le Premier ministre grec, Antonis Samaras, mardi 30 octobre dans un communiqué. Le parti de la Gauche démocratique (Dimar) a pourtant contesté dans la foulée l'issue des négociations. L'accord doit impérativement recevoir l'aval de la coalition gouvernementale et du parlement national avant l'Eurogroupe du 12 novembre. Malgré les tentatives des autorités grecques d'assouplir les exigences de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) en matière de réforme du marché du travail, celle-ci serait restée inflexible sur la question.
M. Samaras a mis la pression sur ses partenaires et les députés nationaux. Le vrai problème est ce qu'il adviendra « si l'accord n'est pas ratifié et si le pays est mené au chaos », a-t-il averti, convaincu que ces « dangers doivent être évités ». Mercredi, le ministre des Finances, Yannis Stournaras, présentera au parlement grec le projet de budget 2013, quelques heures avant la vidéoconférence des ministres des Finances de la zone euro. L'Eurogroupe discutera « des progrès réalisés avec la 'troïka' » et de la viabilité de la dette grecque, a prédit une source européenne, selon laquelle il ne faut toutefois pas s'attendre à des décisions ce mercredi. La tenue d'une réunion supplémentaire, jeudi 8 novembre, dépendra de l'issue de celle de mercredi.
Aux termes de son 2ème sauvetage financier (EUROPE n° 10558), Athènes est contrainte d'adopter un paquet supplémentaire de mesures d'économie de 13,5 milliards d'euros afin de respecter ses obligations budgétaires sur 2013 et 2014. Elle espère obtenir deux ans supplémentaires pour redresser ses finances publiques, une promesse électorale de M. Samaras. D'autres réformes concernent la réduction de 22% du salaire minimum dans le secteur privé et 15 000 suppressions d'emplois dans la fonction publique (150 000 d'ici 2015). Les privatisations devraient rapporter 20 milliards d'euros d'ici 2015. Une gageure. L'accélération de la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales a porté des fruits (près d'1 milliard d'euros en 2011 d'après la 'task force' de la Commission). Mais elle se heurte à de fortes réticences politiques, matérialisées par la pseudo-perte par les autorités grecques du CD listant 2000 détenteurs de comptes suisses et l'arrestation d'un journaliste ayant publié cette liste. Avant d'être sûre de recevoir une aide, Athènes a dû entériner 89 mesures prioritaires, celles-là mêmes dont la mise en œuvre est réclamée par l'Eurogroupe (EUROPE n° 10706). En échange de ces efforts, les créanciers institutionnels d'Athènes ont mobilisé une aide de 130 milliards d'euros (dont 28 milliards du FMI) par le biais des fonds de sauvetage de l'Eurozone (FESF puis MES). Les détenteurs privés de dette grecque ont 'volontairement' accepté une décote de leurs titres (53,5% de la valeur nominale) afin de ramener le stock de dette grecque de 160% à 120% du PIB. Cette restructuration partielle est la plus importante opération de cette nature jamais effectuée dans l'histoire. Les créanciers publics de la Grèce ont aussi accepté de réduire les taux d'intérêt fixés aux prêts alloués dans le cadre des 1er et 2ème sauvetages. De mars à juin 2012, 75,6 milliards d'euros (dont 1,6 milliards du FMI) ont été déboursés. Au titre du 1er sauvetage, 73 milliards d'euros (dont 20,1 milliards du FMI) de prêts bilatéraux ont été accordés. (MB)