Bruxelles, 30/10/2012 (Agence Europe) - Les préparatifs de l'UE s'intensifient pour aider le Mali à sortir d'une très grave crise sécuritaire, politique et humanitaire, et seront à l'ordre du jour du prochain Conseil Affaires étrangères qui réunira ministres des Affaires étrangères et ministres de la Défense des Vingt-sept le 19 novembre prochain à Bruxelles, ont indiqué, mardi 30 octobre, des hauts fonctionnaires de l'UE. Ces travaux s'effectuent en coopération avec les Nations unies, la CEDEAO, l'Union Africaine, le gouvernement français et d'autres États membres (dont le Royaume-Uni et la Belgique) pour tenter de parvenir à une réponse internationale coordonnée. « La coordination est bonne. La communauté internationale est sur une même ligne », ont déclaré ces sources. L'approche retenue repose sur trois piliers - un processus politique crédible pour restaurer un gouvernement légitime et une feuille de route crédible conduisant à des élections (la balle est dans le camp du Mali) ; - un processus de négociation avec les groupes armés du Nord qui veulent faire partie d'un gouvernement d'union nationale ; - une force militaire crédible pour combattre ceux (les islamistes d'AQMI) qui ne veulent pas faire partie d'un gouvernement malien, étant entendu que le Mali et la CEDEAO veulent utiliser la force pour restaurer le gouvernement légitime.
Une fois que sera établie une feuille de route consensuelle pour le retour complet à l'ordre constitutionnel au Mali, l'UE pourra apporter son appui par la reprise progressive de sa coopération au développement avec le pays. L'aide sera ciblée sur l'appui à la restauration des institutions de l'État et à l'établissement d'une commission électorale ; la poursuite de l'appui direct aux populations ; l'appui budgétaire direct qui ne reprendra qu'une fois un gouvernement légitime en place ; l'appui au secteur de la sécurité du Mali ; l'appui à une force internationale si elle est déployée - hypothèse qui nécessitera une troisième résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, attendue au plus tôt à la fin novembre puisque depuis la réunion de haut niveau du groupe d'appui et de suivi sur le Mali (Bamako, le 19 octobre dernier) un projet de concept stratégique est toujours à l'étude (la CEDEAO envisage l'envoi de 3 000 à 4 000 hommes). Sa finalisation et sa transmission à l'ONU devraient intervenir courant novembre.
« Nous pouvons soutenir cette force africaine par la Facilité de paix pour l'Afrique si la demande en est faite, et dans les limites des ressources disponibles qui sont limitées, pour payer la solde des soldats », ont indiqué les hauts fonctionnaires.
L'appui au secteur de la sécurité se fera dans le cadre de la stratégie holistique de l'UE pour le Sahel En réponse à la demande formulée par le Conseil européen du 19 octobre (EUROPE n° 10714), les travaux de planification d'un concept de gestion de crise se poursuivent en coordination étroite avec la CEDEAO et l'UA, pour à la fois former et restructurer l'armée malienne. À ce stade, il est question de quelque 200 instructeurs militaires, mais il n'y a pas encore de délai pour leur éventuelle intervention au Mali. « La planification d'une mission militaire prend du temps. Pour l'AMISOM, cela a pris un an », ont rappelé les hauts fonctionnaires. L'option d'un accompagnement des troupes maliennes n'a pas été retenue.
Trois axes d'intervention sont à l'étude: 1) le soutien financier à une opération militaire de la CEDEAO via l'aide à la planification et un soutien logistique (à la CEDEAO et à l'UA) depuis Bamako et Abuja (Nigéria) quand la force sera déployée « mais nous n'en sommes pas encore là », ont précisé les sources européennes. 2) l'aide à la formation de l'armée malienne (qui compte 6 000 à 7 000 hommes peu motivés et pas formés) pour stabiliser les institutions et assurer un contrôle civil sur les militaires ; 3) l'aide au gouvernement d'union nationale pour lui permettre d'être en meilleure positon pour les négociations politiques. Les hauts fonctionnaires précisent: « Nous travaillons sur les besoins opérationnels à moyen et long terme (des groupes tactiques internes), sur les structures de commandement et sur les ressources humaines pour développer la capacité d'autoformation des forces en étroite coopération avec les partenaires régionaux. » Il s'agirait d'étendre la mission civile d'appui aux Forces de sécurité intérieure et à l'état de droit au Niger (dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune: NDLR) non seulement au Mali, mais aussi à la Mauritanie. « Nous travaillons en étroite coopération avec les partenaires régionaux et selon un calendrier strict pour faire un état d'avancement au Conseil Affaires étrangères du 19 novembre. » (AN)