Bruxelles, 30/10/2012 (Agence Europe) - En pleine polémique entre la France et la Commission sur la gestion de la politique commerciale, le commissaire Barnier reconnaît que l'UE a fait le jeu de l'idéologie ultralibérale avec un libre-échangisme aveugle, mais il réaffirme son rejet du protectionnisme.
Les propos sont sans équivoque et sonnent comme un désaveu pour les partisans du libre-échangisme aveugle à la Commission et dans certaines capitales européennes. « Oui, l'Europe a été naïve. Oui, l'Europe a joué le jeu de l'idéologie ultralibérale. Dans ce grand vent ultralibéral, nous avons cru que nous pouvions ouvrir toutes nos portes et toutes nos fenêtres, sans que les autres fassent la même chose », a reconnu le commissaire au Marché intérieur, le Français Michel Barnier, dans un entretien sur Radio classique mardi 30 novembre. Naïve, l'UE l'a été dans ses relations commerciales, notamment avec la Chine, laisse-t-il entendre.
Attaché au principe d'une « économie sociale de marché compétitive », M. Barnier rejette toutefois le protectionnisme comme solution. « Si nous sommes repliés derrière nos frontières nationales, nous sommes chacun et tous foutus. Il ne s'agit pas de fermer nos marchés ou de se replier. Il y a des millions d'emplois en France qui dépendent de l'exportation. Il s'agit d'obtenir que les autres ouvrent réciproquement leurs marchés », insiste-t-il. La semaine dernière, son collègue commissaire au Commerce, le libéral belge Karel De Gucht avait critiqué le protectionnisme et les positions antimondialistes du ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, après avoir lui-même essuyé les critiques de Paris sur sa gestion du dossier concernant l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud (EUROPE n° 10716). « La Chine, c'est un milliard de consommateurs. Il faut obtenir de la Chine que nos échanges soient équitables », a conclu M. Barnier, s'en prenant, sans citer M. Montebourg, « aux souverainistes qui voudraient fermer l'économie française ». (EH)