Bruxelles, 14/09/2012 (Agence Europe) - Si leur projet commun de centrale nucléaire à Visaginas avance bien, les pays baltes ne se sont toujours pas entendus sur la construction d'un terminal gazier régional.
En visite à Vilnius les 13 et 14 septembre, Günther Oettinger a exhorté l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, à « s'engager dans une coopération énergétique plus étroite », regrettant notamment que les trois pays n'aient toujours pas réussi à s'entendre sur la construction d'un terminal gazier régional. « Les marchés baltes de l'énergie sont relativement faibles. Par conséquent, le développement des infrastructures, pour de nouvelles voies d'approvisionnement en gaz, par exemple, n'a de sens que si elles servent toute la zone », a insisté le commissaire à l'Énergie, lors d'une conférence. « Une coopération ouverte et honnête, évitant les actions unilatérales, avec une orientation nationale, est, à mon avis, la seule façon d'atteindre notre objectif commun dans toute la région de la Baltique, et la réponse commune doit être rapide », a ajouté M. Oettinger, soulignant « le besoin, plus que jamais, de coopération et de compromis ».
Devant l'échec des pays baltes à s'entendre sur l'emplacement d'un terminal GNL régional, la Commission est appelée à rechercher le meilleur emplacement. Le gouvernement letton, qui souhaite bâtir ce terminal à Riga, a critiqué la décision de la Lituanie de construire son propre terminal à Klaipèda, sans attendre les conclusions de l'exécutif européen, rappelle le média lituanien Baltic News Service. Dépendante à 100% du gaz russe, la Lituanie veut aussi établir une interconnexion gazière avec la Pologne.
« Compte tenu du niveau élevé d'ambition, des délais serrés et de l'environnement économique difficile, il devient évident que ces objectifs ne peuvent être réalisés que par l'intermédiaire d'une coopération régionale étroite », a insisté M. Oettinger, rappelant que 200 milliards d'euros d'investissements devront être mobilisés au cours des prochaines années pour les infrastructures transeuropéennes d'énergie.
Le commissaire Oettinger a aussi réaffirmé son soutien au projet balte de centrale nucléaire conjointe à Visaginas, en Lituanie, qui est « une partie essentielle du plan de la Commission pour la pleine intégration des États baltes au marché intérieur de l'énergie ». La construction de la future centrale de 1300 mégawatts doit débuter en 2015, pour être opérationnelle en 2022. Le groupe nippon Hitachi en sera le maître d'œuvre. À ses côtés, l'État lituanien détiendra 38% des actifs du projet. L'Estonie et la Lettonie seront associées à hauteur de 22% et 20%. Le projet reste ouvert à la Pologne qui a renoncé, fin 2011, à s'y associer, pour construire sa propre installation à l'horizon 2020.
Participant aussi à la conférence, le ministre lituanien de l'Énergie, Arvydas Sekmokas, a, de son côté, souligné le rôle majeur du centre de stockage gazier souterrain à Incukalns, en Lettonie voisine. Lors d'une entrevue avec M. Oettinger, la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitè, a quant à elle salué le lancement par la Commission d'une enquête visant le gazier russe Gazprom pour abus de position dominante et manipulation des prix dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, très dépendants des livraisons de gaz russe. Mme Grybauskaitè a aussi rappelé l'importance du soutien de l'UE à la Lituanie dans ses efforts pour dégrouper les activités de fourniture et de transport d'énergie des opérateurs énergétiques (unbundling), conformément au 3ème paquet législatif pour la libéralisation des marchés de l'énergie. (EH)