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Bulletin Quotidien Europe N° 10684
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

50 millions d'euros d'aide humanitaire en plus bientôt mobilisés

Bruxelles, 07/09/2012 (Agence Europe) - Face à l'aggravation de la crise en Syrie, la Commission européenne s'apprête à libérer 50 millions d'euros supplémentaires d'aide humanitaire pour secourir les civils pris au piège dans le pays - c'est là la priorité - et les populations réfugiées dans les pays voisins. L'annonce a été faite vendredi 7 septembre par Kristalina Georgieva, commissaire européenne la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises. Une occasion pour elle de lancer de nouveau un vibrant appel à toutes les parties au conflit pour qu'elles respectent le droit humanitaire international - « ce message doit être inlassablement répété, c'est un devoir de la communauté internationale que de parler haut et fort », - a souligné Mme Georgieva - et « aux autres donateurs » pour qu'ils accroissent leur aide

« Depuis des mois, la situation s'aggrave de jour en jour. Ça va de mal en pis depuis que les hostilités ont dégénéré en guerre civile. Nous mobilisons 50 millions d'euros de plus pour soulager les souffrances des populations. Une telle tragédie nécessite une solution politique mais, en l'absence de solution politique, l'urgence est de réduire la souffrance du peuple et d'éviter que la crise ne se propage dans les pays voisins », a déclaré la commissaire à la presse à Bruxelles. Et d'ajouter: « Si les Nations Unies n'ont pas réussi à se mettre d'accord, cela ne doit pas servir d'alibi pour faire moins. Au contraire, il faut faire plus à l'intérieur des frontières de la Syrie. Des dizaines de milliers de Syriens ont déjà trouvé refuge au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Iraq. Une aide humanitaire massive et efficace s'impose. »

Le supplément d'aide permettra de couvrir les besoins (en soins médicaux urgents, soins de santé de base, abris, denrées alimentaires, eau potable et installations d'assainissement) de plus de 1,5 million de personnes en Syrie et d'une grande partie des réfugiés dans les pays voisins au maximum de leur capacité d'accueil (la Jordanie qui en héberge actuellement 185 000 a lancé un appel jeudi à « 700 millions d'euros d'aide internationale pour en accueillir jusqu'à
240 000
», indiquait vendredi l'AFP). Une aide sera également apportée aux 500 000 réfugiés palestiniens et aux 87 000 réfugiés irakiens qui vivent en Syrie.

« En l'absence de zone sûre - ni Damas, ni Alep n'offrent de refuge aux populations -, la meilleure façon de respecter les gens, c'est d'aller aider ceux qui en ont besoin, d'évacuer les blessés. Cela n'a pas encore été possible », a déploré Mme Georgieva. Les corridors humanitaires qui n'ont pas fait l'objet d'une résolution du conseil de sécurité sont, selon elle, difficiles à installer « sur un territoire de plus 180 000 km2 avec des conflits partout ». Quant aux zones tampons à la frontière avec les pays voisins, elle constitue « pour les acteurs humanitaires une solution de dernier recours, mais si la communauté internationale devait parvenir à une position unie au Conseil de sécurité, évidemment, cette solution pourrait être utile », a estimé la commissaire. La solution qui lui semble possible « c'est que la communautaire fasse remonter la question humanitaire tout en haut de son agenda et exerce des pressions sur toutes les parties ».

À ce jour, plus de 2,5 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire, la moitié des installations médicales ne fonctionnent plus, 1 Syrien sur 3 a besoin d'aide alimentaire, et l'effondrement de l'économie conjugué à une très grande sécheresse vont encore augmenter le nombre de victimes, a indiqué la commissaire. Le flux de réfugiés ne cesse d'augmenter: entre mars à avril il est passé de 22 000 à 530 000, en mai-juin à 92 000, en juillet-août à 189 000, pour atteindre 240 000 aujourd'hui. « Imaginez où nous en serons en fin d'année ou l'année prochaine si le conflit perdure » ? s'est exclamée la commissaire. À un journaliste qui lui demandait si elle était prête à se rendre en Syrie pour rencontrer Assad, Mme Georgieva a répondu: « Si je peux apporter une contribution, j'irai. Pour l'heure, le plus nécessaire, c'est que mes experts puissent aller en Syrie. Nous assistons à une tragédie humanitaire gravissime. » Cette nouvelle aide humanitaire sera mobilisée une fois obtenu l'accord de l'autorité budgétaire (Parlement et Conseil). La contribution de la Commission totalisera alors 119 millions d'euros et celle de l'UE 200 millions, soit la moitié de l'aide internationale. (AN)

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