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Bulletin Quotidien Europe N° 10684
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) bce

Audition de Mersch, moyen de pression du PE our 'féminiser' la BCE

Bruxelles, 07/09/2012 (Agence Europe) - Prise d'otage de la Banque centrale européenne (BCE) par le Parlement européen pour qu'elle féminise son directoire, qui ne compte plus de femme dans ses plus hautes fonctions. Vendredi 7 septembre, le Parlement a mis la pression sur l'institution européenne en mettant entre parenthèse l'audition de confirmation d'Yves Mersch comme membre du directoire prévue lundi prochain en commission économique et monétaire (ECON). La présidente de la commission ECON, Sharon Bowles (ADLE, britannique), explique la décision des députés par le fait « qu'il soit clairement apparu qu'aucune candidate n'ait été envisagée pour le poste avant la recommandation officielle du Conseil Écofin ». La candidature de M. Mersch, gouverneur de la Banque centrale luxembourgeoise, pour reprendre le poste laissé vacant par M. González-Páramo, avait déjà été émaillée de quelques rebondissements. Dans un premier temps, Madrid avait escompté pouvoir remettre un espagnol sur le siège. Mais surtout, Mme Bowles avait déjà manifesté, en mai dernier, la nécessité pour le Conseil Écofin d'envisager « au moins un candidat de chaque sexe avant de faire sa recommandation ». Elle indique avoir reçu une réponse verbale précisant qu'aucune femme compétente n'avait été trouvée pour ce poste. Mais elle n'aurait pas reçu de réponse formelle quant à sa requête en faveur d'un programme adéquat pour faciliter la nomination de femmes à des postes influents au sein de la BCE. En butte à ce qui lui semble relever d'un « problème culturel général à cet égard, tout comme dans les entreprises », elle confirme le report sine die de l'audition de M. Mersch. La commission ECON la juge en effet « peu opportune » étant donné que « ses craintes n'ont pas été traitées avec suffisamment de rigueur ». Sven Giegold (Verts/ALE, allemand), précise: « Il ne manque pas de candidates femmes qualifiées. N'en considérer aucune laisse les députés sans alternatives ». Outrepasser la volonté des élus « serait un pas en arrière en termes de démocratie européenne dans la crise de l'euro », prévient-t-il. La BCE ne souhaitait pas, à ce stade, commenter cette décision parlementaire, renvoyant la balle dans le camp des ministres européens des Finances et des eurodéputés. (MD)

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