Bruxelles, 07/09/2012 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture se réunissent de dimanche 9 à mardi 12 septembre à Nicosie, à Chypre, pour débattre des mesures destinées à aider les exploitants à faire face aux pénuries d'eau et limiter l'abandon des terres. C'est le thème officiel de la journée de travail de mardi 11 septembre, mais les ministres auront tout le loisir de discuter, lors de cette réunion informelle, des thèmes d'actualité comme le budget et la réforme de la politique agricole commune (PAC).
La Présidence chypriote propose que les ministres fassent part de leur position sur les mesures pouvant être prises pour améliorer la gestion de l'eau et la protection des sols « afin d'aider les agriculteurs à s'adapter au changement climatique ». La veille, le 10 septembre, les ministres se rendront dans certaines parties du district de Limassol pour se rendre compte du problème de l'abandon des terres du fait du changement climatique. Ils se rendront également au réservoir de Kourris, un important projet de gestion des eaux de Chypre.
Dans le document de travail qui alimentera la session de travail du mardi, la Présidence chypriote appelle les ministres de l'Agriculture à examiner les moyens de permettre aux producteurs de préserver les ressources en eau, d'autant que le changement climatique aggrave déjà les pénuries. Un problème qui affecterait près de 20 % du territoire de l'Union.
L'érosion des sols liée à l'évolution des pratiques agricoles et les conséquences des projets de construction, ainsi que, dans certains cas, l'abandon des terres agricoles, menacent aussi la production alimentaire européenne, ajoute la Présidence.
Compte tenu du besoin de technologies et pratiques écologiques pour assurer une production durable, la Présidence chypriote juge « essentiel que les agriculteurs continuent à avoir accès à des mesures appropriées au titre du 2ème pilier de la PAC (développement rural) pour couvrir les coûts supplémentaires et les pertes de revenus et pour entreprendre les investissements permettant de favoriser une utilisation efficace de l'eau ».
Les propositions de la Commission européenne pourraient être améliorées en ce qui concerne les investissements dans les domaines de la restructuration des exploitations et de l'irrigation, estime la Présidence, qui rappelle que la protection des ressources en eau est d'une importance cruciale pour les États membres du sud de l'union, tels Chypre, la Grèce, Malte et l'Italie.
Cette question intéresse aussi l'Europe du Nord, précise toutefois le document, puisque 31 de ses bassins fluviaux devraient souffrir de stress hydrique d'ici 2030. En conclusion, la Présidence chypriote demande aux ministres de présenter des suggestions en vue de protéger les agriculteurs de la sécheresse et des effets du changement climatique et de limiter l'abandon des terres.
Dans une allocution en ouverture de la Semaine mondiale de l'eau, le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, avait mis en garde « contre la pénurie croissante et la pollution de l'eau qui compromettent de plus en plus les systèmes mondiaux de production vivrière ». « L'agriculture telle que nous la pratiquons aujourd'hui est une des causes de ce phénomène car elle représente 70 % de tous les prélèvements d'eau douce », avait déclaré M. Graziano da Silva.
Selon le directeur général de la FAO, « l'agriculture détient la clé de l'utilisation durable de l'eau. C'est pour cela et pour répondre à la demande croissante de nourriture que nous devons produire de façon à conserver l'eau, à l'utiliser de façon plus durable et plus intelligente, et aider l'agriculture à s'adapter au changement climatique ». Pour ce faire, la FAO propose un nouveau cadre de gestion de l'eau dans l'agriculture axé sur la modernisation de l'irrigation, un meilleur stockage des eaux de pluie au niveau des exploitations, la réutilisation de l'eau, la lutte contre la pollution ainsi que la réduction des gaspillages alimentaires. (LC)