Bruxelles, 25/07/2012 (Agence Europe) - José Manuel Barroso est monté au créneau mardi 24 juillet pour protester contre la cure d'amaigrissement imposée par le Conseil au budget 2013 de l'UE. Dans une lettre adressée aux chefs d'État et de gouvernement de l'UE, il estime que le fait de réduire de plus de 5 milliards d'euros les crédits de paiement pour 2013, comparé à ce que la Commission proposait initialement, représenterait de « fausses économies » (EUROPE n° 10662 sur la position du Conseil sur le budget 2013). Ces coupes auraient, selon le président de la Commission, « des conséquences graves pour la reprise de l'économie car les réductions affecteraient les régions, les chercheurs ou les PME, avec le risque qu'ils se voient privés de financements ».
« Je vous écris car je suis préoccupé par le fait que les négociations sur le budget 2013 compromettent déjà l'esprit de nos récents accords, en ne prévoyant pas de fonds suffisants pour permettre à l'UE de débourser les niveaux de soutien convenus pour de nombreux projets destinés à soutenir la croissance ». Il rappelle en effet qu'il y a trois semaines, le Conseil européen a signé le Pacte pour la croissance et l'emploi (financements pour l'économie).
Le budget annuel fixe le montant des engagements juridiquement contraignants pour les citoyens, PME, chercheurs, agriculteurs, étudiants et les régions que l'Union européenne soutiendra, rappelle le président de la Commission. Ces engagements créent des obligations à honorer plus tard par des paiements appropriés, conformément aux règles convenues et à la mise en œuvre réelle des programmes. « Sans ces engagements, bon nombre de ces projets ne pourraient pas démarrer. Remettre en question la capacité de l'UE à honorer ses obligations sape la crédibilité de nos programmes de financement et même de notre engagement à soutenir la croissance », écrit José Manuel Barroso.
Il salue les efforts courageux faits par les pays pour consolider leurs finances publiques. Et estime que le projet de budget pour 2013 reflète ce contexte en gelant les nouveaux crédits d'engagement en termes réels. Et la hausse de 6,8% des crédits de paiement demandée par la Commission provient pour 2013 en grande partie d'obligations juridiques, d'après M. Barroso. Il s'agit de mettre en œuvre ce que nous avons décidé, dit-il. Il rappelle qu'en 2012, la Commission a connu de sérieuses difficultés pour payer certaines factures demandées pour la recherche, l'innovation et la cohésion. « Cela nous met dans la position peu enviable d'avoir à choisir quelles factures payer et quelles retarder. Si nous ne réglons pas le problème dans le budget 2012 et sans accord satisfaisant sur le budget 2013, la situation déjà intenable risque d'empirer ». (LC)