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Bulletin Quotidien Europe N° 10663
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) espagne

En tournée, Luis De Guindos obtient un soutien mesuré

Bruxelles, 25/07/2012 (Agence Europe) - En moins d'un jour, le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos a rencontré ses homologues allemand, mardi soir à Berlin, et français, mercredi 25 juillet à Paris. Chaque réunion a fait l'objet de communiqués conjoints soutenant l'Espagne dans ses efforts budgétaires et macroéconomiques, stipulant la nécessité d'agir vite pour mettre en œuvre les décisions du dernier sommet de l'Eurozone et estimant excessifs les niveaux des taux d'intérêts fixés sur les titres de dette espagnols. Néanmoins, indépendance de la BCE oblige, ces communiqués ne mentionnent pas la possibilité que l'Institut de Francfort doive agir rapidement et massivement pour calmer les tensions sur les marchés financiers, une requête pourtant répétée plusieurs fois par les autorités espagnoles.

Dans leur communiqué, M. De Guindos et le ministre français de l'Économie Pierre Moscovici considèrent que la mise en œuvre « rapide » du plan de sauvetage du secteur bancaire espagnol, entériné vendredi dernier par l'Eurogroupe (EUROPE n°10660) et approuvé mercredi par la Commission européenne au regard des règles européennes sur les aides d'état (voir autre nouvelle), constituera « un élément clé pour restaurer la confiance ». Ils s'engagent à œuvrer rapidement pour appliquer les décisions du sommet de la zone euro (EUROPE n°10645), notamment en favorisant un accord politique rapide sur les futures propositions de la Commission européenne qui introduiront un superviseur européen unique impliquant la BCE, condition préalable à la recapitalisation directe - mais soumise à conditions - du secteur bancaire espagnol par les fonds européens de sauvetage. Madrid et Paris contribueront également activement à l'élaboration d'une feuille de route menant à l'achèvement de l'Union économique et monétaire incluant « des propositions ambitieuses visant à créer les conditions d'une solidarité en parallèle d'une intégration » politique accrue.

Comme à Berlin la veille, les deux ministres sont d'avis que « les niveaux actuels des taux d'intérêt qui prévalent sur les marchés de la dette souveraine ne reflètent pas les fondamentaux de l'économie espagnole, son potentiel de croissance ni le caractère soutenable de sa dette ». Ces taux d'intérêt étaient légèrement en baisse mercredi après des déclarations issues de la BCE (voir autre nouvelle). M. De Guindos et Moscovici soulignent par ailleurs que l'Espagne agit en matière de réformes budgétaires et structurelles (flexibilisation du marché du travail) conformément aux recommandations du Conseil européen.

Madrid a, par ailleurs, reçu un soutien appuyé du commissaire chargé du Marché intérieur Michel Barnier: « L'Espagne fait face à beaucoup de crises à la fois: sociale, bancaire et budgétaire. Elle prend des décisions pour y faire face. Elle n'est pas toute seule, c'est la raison d'être de l'Union européenne ». (MB)

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