Bruxelles, 24/07/2012 (Agence Europe) - Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'Espagne. Elle a certes réussi, mardi 24 juillet, son émission de titres de dette à court terme mais à des taux en nette hausse. La Catalogne a également fait appel au fonds de sauvetage espagnol pour les régions en difficulté (voir autre nouvelle). Dans un tel contexte, le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos a rencontré, mardi soir à Berlin, son homologue allemand Wolfgang Schäuble.
Le Trésor espagnol a payé cher pour emprunter un peu plus de 3 milliards d'euros. Les taux d'intérêt fixés pour les titres à trois et six mois sont en forte hausse, passant respectivement de 2,36% à 2,43% et de 3,2% à 3,7% pour ceux à six mois par rapport à la dernière transaction similaire remontant à fin juin. Quant au rendement exigé sur les obligations à dix ans, il a franchi un nouveau record mardi, supérieur à 7,6%.
Considérant que des taux d'intérêt supérieurs à 7% pour des titres à long terme ne sont pas soutenables à moyen terme, les autorités espagnoles réclament publiquement une action d'envergure au niveau européen. La relance par la BCE de son programme de rachat de dette souveraine, en sommeil depuis 4 mois, a sa préférence. Il aurait l'avantage de calmer - temporairement - les marchés sans que des conditions soient formellement assorties. Ce ne serait pas le cas d'une activation du Fonds européen de stabilité financière, capable de racheter de la dette souveraine sur les marchés primaires et secondaires de pays de l'Eurozone qui accomplissent de gros efforts de consolidation budgétaire et de réforme structurelle mais demeurent la cible des marchés. En faisant appel à ce fonds, Madrid devrait adopter de nouvelles mesures, en plus de toutes les mesures d'économies et de libéralisation déjà adoptées. « Cet instrument peut être utilisé sur demande d'un État membre. Il n'y a pas eu de demande », a souligné un porte-parole de la Commission européenne.
Catalogne. Après Valence et la Murcie, la région autonome de Catalogne a annoncé, mardi, qu'elle ferait appel au fonds de sauvetage national à destination des régions en difficulté. « La situation actuelle est telle que la Catalogne ne dispose pas d'autre banque que le gouvernement espagnol », a reconnu le ministre des Finances du gouvernement catalan Andreu Mas-Colell, sur les antennes de la BBC. Ces demandes d'aide alimentent la spéculation sur la taille du fonds de sauvetage qui devrait plafonner à 18 milliards d'euros. Mais, selon le porte-parole de la Commission, le fonds dispose de « suffisamment de liquidités ». En 2011, les régions espagnoles ont dépassé leur objectif de réduction de déficit excessif (3,3% du PIB au lieu de 1,3%). Elles sont endettées à hauteur de 145 milliards d'euros, soit 20% du montant de la dette espagnole. (MB)