Strasbourg, 06/07/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté trois résolutions arrêtant sa position sur les discriminations dont font l'objet les LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués) en Afrique, les atteintes à la liberté de la presse au Bélarus et les avortements forcés en Chine.
LGBTI en Afrique. L'Afrique reste le théâtre de violentes discriminations à l'encontre des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués. Les députés européens, par leur vote jeudi 5 juillet en session plénière à Strasbourg, condamnent les « viols correctifs » perpétrés dans de nombreux pays africains et qui touchent ces groupes en particulier. 38 pays africains considèrent toujours l'homosexualité comme un crime. Les eurodéputés souhaiteraient que l'UE conditionne son aide au développement au respect des droits de l'Homme et à la non-discrimination. Le député Paolo Francesco Silvestris (PPE, Italie) a insisté sur ce point lors des débats: « Le principe de conditionnalité avec ces États doit garantir les droits de l'Homme ». Il a aussi souligné qu'il fallait « condamner, une fois pour toutes, toutes les discriminations, qu'elles soient en Europe ou ailleurs ». La commissaire européenne Connie Hedegaard, concluant les débats, a rappelé que des délégations de l'UE rencontrent souvent des délégations de défenseurs de droits de ces groupes de personnes, et que le 1er juin, s'était tenue une conférence à haut niveau pour la promotion de la non-discrimination et des droits humains pour conditionner l'aide au développement. Enfin, 20 millions d'euros ont été mis à disposition par l'UE « pour éviter tous types de discriminations. Ce nouveau budget sera disponible pour les ONG et représentants de la société civile pour prendre à bras le corps la réalité sur le terrain », a ajouté la commissaire.
Liberté d'expression au Bélarus. Dans la foulée, les députés ont également adopté une résolution condamnant des lois restrictives sur les médias, dont il découle des harcèlements de représentants de la société civile et de militants de l'opposition. Initialement la résolution attirait l'attention sur la détention du journaliste Andrzej Poczobut, du quotidien polonais Gazeta Wyborcza. Entre-temps, le correspondant a été relaxé, à précisé l'auteur de la résolution, Filip Kaczmarek (PPE, polonais), toutefois « le problème de liberté d'expression n'a pas cessé d'exister ». Il a demandé que soient « relaxés tous les prisonniers de conscience ». À ce sujet, la commissaire Hedegaard a jugé que la résolution votée par le Parlement européen tombait à point nommé puisque des élections législatives se tiendront au Bélarus le 23 septembre: « La liberté d'expression est un point essentiel de toutes campagnes électorales ». Elle a rappelé que la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, invitait « les autorités à mettre fin à tous les actes à l'encontre des représentants des médias et inverser la tendance des politiques répressives ».
Avortement en Chine. Enfin, les députés européens ont voté en faveur d'une troisième résolution condamnant la pratique des avortements forcés et la stérilisation en Chine. Ils se sont particulièrement émus du cas de Feng Jianmei. La jeune fille avait subi en juin dernier un avortement forcé alors qu'elle était enceinte de 7 mois. Bien que l'avortement au-delà de 6 mois soit interdit en Chine, la politique de l'enfant unique aboutit toujours à des avortements illégaux sélectifs. La députée Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, française), auteur de la résolution, a beaucoup insisté sur la nécessité de respecter le droit des femmes à disposer de leur corps. (MD)