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Bulletin Quotidien Europe N° 10630
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

Juncker, la zone euro est prête à soutenir l'Espagne

Bruxelles, le 08/06/2012 (Agence Europe) - Jean-Claude Juncker était à Bruxelles, jeudi 7 juin, pour une conférence organisée par le Comité économique et social européen. L'occasion pour le président de l'Eurogroupe de dissiper le trouble sur plusieurs sujets liés à la crise de la dette souveraine, avec en toile de fonds les difficultés en Espagne, qui pourrait formuler une demande d'aide dès samedi (voir autre nouvelle).

Éventuelle aide financière à Madrid. « L'Espagne n'en a pas formulé la demande », a déclaré M. Juncker, mais si le pays requiert une aide pour son secteur bancaire, « cela serait évidemment fait ». En réponse à un journaliste qui lui demandait de chiffrer cette aide, il a déclaré qu'il était trop tôt pour « spéculer sur les chiffres ». Il a également salué le travail effectué par le gouvernement espagnol qui a « pris toutes les mesures de consolidation qu'il fallait prendre ».

La Grèce. M. Juncker a rejeté l'idée que les élections de juin puissent aboutir à une sortie de la zone euro: « J'espère que le 17 juin, la démocratie grecque prouvera qu'elle veut rester membre de la zone euro ».

Croissance. « Nous sommes concentrés sur une consolidation budgétaire. (…) J'entends souvent que l'Europe avance d'un pas hésitant, or, jamais en trente années je n'ai vécu une période si courte et si dense en décisions », a estimé le Premier ministre luxembourgeois. Pour lui, l'essentiel reste encore à faire. « Nous ne sommes pas au bout de nos peines », a-t-il reconnu, en estimant que le moment était venu d'aller vers plus d'intégration et de renforcer « la coordination de nos politiques économiques ». Le sommet européen des 28 et 29 juin devrait être l'occasion de faire un « saut qualitatif ». « Nous sommes dans une période de tensions réelles… nous vivons des semaines cruciales à la fois pour l'UE et la monnaie unique », a considéré le président de l'Eurogroupe.

Tensions franco-allemandes. Pour M. Juncker, « l'Europe n'existe pas seulement » à travers la France et l'Allemagne. Certes, il convient d'éviter les dissonances entre les deux principales économies de la zone euro, mais il faut aussi compter avec les quinze autres pays de l'union monétaire. « Nous regardons ensemble quel agenda de croissance nous pourrions mettre à notre disposition », a-t-il indiqué, tout en rappelant que la phase préliminaire consistait à se mettre d'abord d'accord sur le contenu des mesures visant à stimuler la croissance, pour ensuite voir « quels éléments juridiques pourraient revêtir cette substance ». Il a également rappelé que croissance et rigueur étaient nécessaires pour sortir de la crise.

Sur l'euro. Selon M. Juncker, la situation actuelle serait pire s'il n'y avait pas eu l'euro: « Imaginez le cortège de réactions de nos différents systèmes monétaires lors des attentats du 11 septembre, ou de la guerre en Irak. Nous serions perdus, l'euro nous a protégés ». Tout n'est pas « parfait » au sein de l'Eurozone mais la crise à laquelle l'Europe fait face n'est pas celle de l'euro mais la crise de la dette de certains pays, a-t-il souligné, en rappelant que la stabilité externe de la monnaie unique restait remarquable « en dépit des derniers glissements ». Et de conclure que le moment était venu de prouver « que nous sommes fermement résolus à tout faire pour garantir la stabilité financière en Europe ». (EL-stag)

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