Bruxelles, 05/06/2012 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso ont abordé la question du renforcement du volet économique de l'Union économique et monétaire (UEM), lundi 4 juin au soir lors d'une réunion de préparation du Conseil européen des 28 et 29 juin. « Nous avons besoin, au moins dans l'Eurozone, de plus d'Europe, pas de moins d'Europe », a déclaré Mme Merkel, peu avant leur rencontre. Elle a appelé de ses vœux un renforcement des pouvoirs budgétaires de la Commission, le Pacte budgétaire en cours de ratification constituant « un pas important en avant » mais « loin d'être suffisant ». Le monde veut savoir comment la zone euro s'organisera dans le futur, a-t-elle ajouté.
M. Barroso a souhaité établir une distinction entre ce qu'il est possible de faire à court terme pour stimuler la croissance et à moyen ou long terme pour renforcer l'UEM. « À plus long terme, il est important de dire, dès maintenant, aux citoyens et aux investisseurs internationaux que nous ferons tout pour garantir la stabilité de notre monnaie. C'est pourquoi, nous devons discuter du futur de notre union en essayant de compléter l'union monétaire avec une union économique », a-t-il considéré, en prônant « une approche structurée et ambitieuse ». Selon lui, une telle approche peut inclure « une union bancaire », avec comme possibles éléments « une supervision financière intégrée, des garanties de dépôts plus intégrées ».
Croissance. Les deux leaders politiques ont également évoqué l'agenda pour la croissance que le Conseil européen sera appelé à approuver. Cet agenda comprend l'augmentation de 10 milliards d'euros du capital de la BEI, l'optimisation et la réutilisation des montants non utilisés des fonds structurels, le lancement de la phase pilote des 'project bonds' ainsi que les récentes recommandations de la Commission sur les politiques nationales de réforme et de stabilité. Il faut voir comme focaliser le futur cadre financier pluriannuel sur les dépenses favorables à la compétitivité, a souligné la chancelière. « Pour avoir de la croissance, nous avons besoin de finances publiques saines. C'est pourquoi la consolidation budgétaire est indispensable. Nous avons besoin de compétitivité. C'est pourquoi les réformes structurelles sont également indispensables. Et nous avons besoin d'investissements ciblés », a considéré M. Barroso. (MB)