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Bulletin Quotidien Europe N° 10627
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

L'agriculture au service de la croissance 'verte' ?

Horsens, 05/06/2012 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture ont eu mardi 5 juin à Horsens, lors de leur réunion informelle, un débat sur les moyens de transformer l'économie de l'Union européenne en une économie respectueuse de l'environnement. Les délégations sont d'accord sur le fait que la croissance 'verte' et l'agriculture sont deux éléments concomitants.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le WWF, qui ont été invités à la table des discussions, ont surtout mis en garde contre les défis auxquels sont confrontés l'agriculture (pollution, changement climatique) et le groupe Unilever a évoqué le type d'actions qu'il développe pour concilier la croissance du chiffre d'affaires avec une moindre empreinte écologique. Selon les représentants de ces milieux, la politique agricole commune (PAC) doit faire partie de la solution aux défis qui se posent, il faut produire plus avec moins d'impact sur l'environnement et le climat.

Mette Gjerskov, la ministre danoise, estime qu'il faut agir maintenant si l'on veut que la PAC fasse partie de la solution et pas du problème des défis environnementaux. Elle admet que les ministres s'inquiètent de la capacité des agriculteurs à répondre aux objectifs, et il faut les aider en cela.

Pour Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture, la question de la croissance verte est au cœur des préoccupations du milieu politique en Europe et au cœur de ce que la PAC souhaite faire. La demande alimentaire est en hausse (en termes de quantité, qualité et diversité), a rappelé le commissaire. « On a besoin de produire plus et mieux et en gérant au mieux les ressources naturelles », a résumé M. Ciolos.

Le Royaume-Uni a estimé que la réforme de la politique agricole commune (PAC) doit conduire à réduire les aides du premier pilier (aides directes et dépenses de marché) et se concentrer surtout sur le deuxième pilier (développement rural). L'Allemagne a soulevé le problème de la chaîne alimentaire: comment peut-on prétendre avoir une agriculture durable (écologiquement, économiquement et socialement acceptable) si en même temps il y a un déséquilibre dans la chaîne alimentaire ?

Plusieurs pays ont soulevé le problème des importations. L'UE s'isole progressivement puisque le reste du monde n'applique pas des normes aussi sévères, ont mis en garde notamment l'Italie, l'Espagne, la France et la Belgique. Ces pays estiment que l'on ne peut pas constamment demander aux agriculteurs de respecter des critères toujours plus élevés, tout en défendant le maintien d'une aide au revenu en faveur des exploitants. Au contraire, la délégation danoise estime notamment que l'UE doit s'engager en faveur de normes plus sévères car cela lui permettra de 'briller' en insistant sur la qualité.

La France a insisté notamment sur l'équilibre à préserver entre 1er et second pilier de la PAC, et rappelé que les soutiens du 1er pilier (aide au revenu) permettent de lutter contre la volatilité des prix.

L'Italie a insisté une fois encore sur l'importance d'indiquer l'origine des produits. Il n'y a pas de compétitivité sans reconnaissance de la qualité, a dit le ministre italien, Mario Catania.

L'Allemagne a insisté toutefois sur le fait qu'on ne peut pas compter uniquement sur le consommateur comme moteur pour financer les normes communautaires élevées.

L'Irlande a estimé en substance que l'Europe ne pouvait pas ignorer le reste du monde et que l'UE ne devait pas seulement développer un marché de niche, mais aussi s'intégrer dans l'ensemble mondial (notamment en rééquilibrant la position des agriculteurs par rapport à l'industrie). (LC)

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