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Bulletin Quotidien Europe N° 10627
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Partenariat stratégique, l'UE veut surfer sur la dynamique OMC

Bruxelles, 05/06/2012 (Agence Europe) - Partenariat stratégique, modernisation: l'UE veut profiter de la dynamique insufflée par son adhésion à l'OMC pour approfondir sa relation avec la Russie.

Réunis le 4 juin à Saint-Pétersbourg, dirigeants européens et russes ont confirmé leur engagement commun à développer davantage le partenariat stratégique UE/Russie, a assuré Herman Van Rompuy, à l'issue du 29ème sommet bilatéral. « Les résultats des deux dernières années sont remarquables: l'accession de la Russie à l'OMC, le partenariat pour la modernisation, et les mesures communes pour l'exemption de visas. La relation UE/Russie connaît sa meilleure dynamique depuis des années », commente le président du Conseil européen, dans ses remarques finales. « Nous avons toutefois encore beaucoup à faire pour dégager ce qui est potentiellement possible. Une forte volonté politique et un travail acharné seront donc nécessaires, même dans les années à venir », tempère-t-il. Européens et Russes ont confirmé lundi que le nouvel accord de partenariat entre l'UE et la Russie, appelé à remplacer l'actuel accord de partenariat et de coopération en vigueur depuis 2007, sera « la meilleure base » pour approfondir leur relation bilatérale. Cet accord devra, selon M. Van Rompuy, être « ambitieux et exhaustif » et inclure le commerce et les investissements, mais inclure aussi « des dispositions sur l'énergie », rappelle le président de la Commission José Manuel Barroso. À l'ouverture du sommet, leur hôte russe, le président nouvellement élu pour un troisième mandat Vladimir Poutine, avait toutefois froidement plaidé pour un partenariat « pragmatique, efficace, sans idéologie ou autres stéréotypes ».

En dépit de l'interdépendance économique évidente entre l'UE et la Russie, la première étant très dépendante des hydrocarbures de sa voisine, la seconde important une large gamme de produits européens, plusieurs désaccords, tant sur le plan de l'accès au marché russe que des approvisionnements en énergie ou des droits de l'Homme, ont ralenti des discussions en cours depuis quatre ans pour un nouveau pacte économique. Tandis que l'UE attend des efforts de Moscou en matière de lutte contre la corruption et d'État de droit, mais aussi pour un cadre d'investissement plus propice pour ses entreprises, la Russie ne cesse de dénoncer la nouvelle législation européenne pour le marché intérieur de l'énergie destinée à empêcher son géant gazier Gazprom de contrôler les gazoducs, et continue de réclamer, en vain pour le moment, la suppression des visas pour les Russes voyageant dans l'UE. « Un vrai partenariat est impossible quand il y a la barrière des visas », rappelait M. Poutine, en ouverture du sommet.

Sur ce dernier point, Moscou devra encore patienter. Au président Poutine qui, devant la presse, demandait à l'UE d'intensifier ses efforts pour instaurer un régime sans visas avec la Russie, M. Van Rompuy s'est contenté de réitérer que l'exemption de visa « reste un objectif commun » et de saluer les travaux de mise en œuvre de la liste des 40 « étapes communes » vers l'exemption de visa convenue au précédent sommet.

Au chapitre des droits de l'Homme, M. Poutine a dû également essuyer de nouvelles injonctions déplaisantes. « Il est bienvenu que la Russie se montre disposée à un débat public sur les droits de l'Homme, comme en témoigne la récente audition à la Douma russe (la chambre basse du parlement russe, NDLR). Il s'agit d'une reconnaissance que la préoccupation des droits de l'Homme est un sujet de préoccupation directe pour tous. Et c'est pourquoi ces questions ainsi que celles de la primauté du droit et de la préservation des droits politiques doivent être traitées », lui a rappelé M. Van Rompuy, proposant à la partie russe de se rendre à Bruxelles le 29 juin pour la prochaine table ronde de consultations UE/Russie en la matière.

Au chapitre énergie, s'il a entendu M. Barroso saluer les progrès du dialogue UE/Russie, le président russe s'est aussi vu rappeler par le chef de l'exécutif européen qu'« un cadre énergétique fiable, transparent et fondé sur des règles demeure une priorité pour l'UE ». Dans un entretien à la chaîne nationale TV Channel Russia 24 diffusé lundi, M. Poutine avait de nouveau exprimé sa colère contre le 3ème paquet de législation européenne pour la libéralisation du marché intérieur de l'énergie, jugeant « inacceptable » l'application rétroactive des textes aux contrats gaziers passés avant leur adoption.

Enfin, dirigeants européens et russes n'ont pas caché mardi leurs « évaluations divergentes » sur les questions internationales, en particulier sur la Syrie, question que le président Poutine a soigneusement évitée durant la conférence de presse. « Permettez-moi de dire que la situation est épouvantable. Le régime syrien doit cesser immédiatement toutes formes de violence et fournir son plein appui à la surveillance de l'ONU », a de son côté rappelé M. Van Rompuy. La Russie, qui a opposé son veto à deux reprises aux projets de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression de l'opposition au régime de Bachar al Assad, a toutefois convenu avec l'UE que « le plan Annan dans son ensemble fournit la meilleure occasion de stopper le cycle de violence en Syrie, d'éviter une guerre civile et de trouver une solution pacifique et durable ». (EH)

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