Bruxelles, 11/05/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne se prononcera, fin mai, sur la nécessité pour l'Espagne de prendre de nouvelles mesures afin que ce pays respecte ses objectifs de réduction des déficits excessifs (5,3% du PIB en 2012, 3% en 2013), a indiqué le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn vendredi 11 mai en présentant les prévisions économiques de printemps de l'institution européenne (voir autre nouvelle). Selon la Commission, à politique inchangée, le déficit excessif espagnol atteindra 6,4% du PIB en 2012 et 6,3% en 2013. L'Espagne devrait en outre être le seul pays de la zone euro à connaître une récession en 2013, de l'ordre de 0,3% du PIB, après une baisse du PIB de 1,8% en 2012. Quant au chômage, il devrait continuer à augmenter en Espagne, alors qu'il atteignait déjà 22,8% au dernier trimestre de 2011.
M. Rehn s'est toutefois dit pleinement confiant dans la capacité des « autorités espagnoles à respecter leurs engagements » budgétaires en ligne avec le Pacte de stabilité révisé. Les estimations de la Commission ne prennent notamment pas encore en compte les « mesures prises par les communautés autonomes » conformément à la nouvelle loi budgétaire et dont Bruxelles attend des précisions dans le courant du mois. Le commissaire a également rappelé que des actions fortes restaient nécessaires pour assainir le secteur bancaire espagnol plombé par plus de 180 milliards d'euros d'actifs immobiliers toxiques. Vendredi, le gouvernement espagnol a justement adopté une nouvelle réforme bancaire qui prévoit une nationalisation partielle de Bankia, l'obligation pour les banques de sortir les actifs immobiliers à problème de leurs bilans ainsi que la constitution de provisions supplémentaires de 30 milliards d'euros, rapporte l'AFP. Une réforme mal accueillie par la Bourse de Madrid, mais applaudie par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy qui y a vu « une étape importante » pour restaurer la confiance. (SP/MB)