Bruxelles, 11/05/2012 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a défendu, une nouvelle fois, les politiques budgétaires et macroéconomiques préconisées par la Commission européenne et qui visent à trouver un juste équilibre entre, d'un côté, la consolidation des finances publiques à l'impact récessif et, de l'autre, les réformes structurelles et les investissements ciblés censés stimuler la croissance. Dire que l'austérité ne marche pas « serait une lecture trop simpliste de la situation économique actuelle », a-t-il déclaré vendredi 11 mai en présentant les perspectives économiques de printemps de la Commission européenne. Celles-ci prévoient une légère récession dans l'Eurozone en 2012 avant une timide reprise en 2013. « Nous ne pouvons pas empiler les dettes. Il est essentiel de continuer la consolidation budgétaire et de garder cette trajectoire », a indiqué le commissaire, en rappelant que le Pacte de stabilité révisé insiste sur la soutenabilité structurelle des finances publiques et tient compte des conditions budgétaires et macroéconomiques propres à chaque État membre. « Des investissements ciblés sont également nécessaires » afin de trouver « le bon équilibre » entre assainissement budgétaire et mesures pour la croissance, a-t-il reconnu.
La Commission présentera, mercredi 30 mai, ses recommandations sur les réformes structurelles entreprises dans chaque pays dans le cadre du processus budgétaire du 'Semestre européen'. À ce titre, le commissaire a vu d'un bon œil le lissage en cours des déséquilibres macroéconomiques au sein de l'Eurozone, illustrés notamment par un discours adouci des autorités allemandes en matière de lutte contre l'inflation.
Selon M. Rehn, l'Eurozone demeurera en récession en 2012, avec une réduction du PIB de 0,3%, avant de renouer avec une croissance « lente et légère » en 2013, à hauteur de 1%. Au niveau de l'UE, l'économie devrait stagner cette année pour croître à nouveau l'année prochaine. Les divergences nationales demeurent importantes. Sept États membres devraient connaître la récession en 2012: la Grèce (réduction du PIB de 4,7%), le Portugal (-3,3%), l'Espagne (-1,8%), la Slovénie (-1,4%), les Pays-Bas (-0,9%), Chypre (-0,8%) et la Hongrie (-0,3%). La croissance sera la plus forte en Pologne (2,7%), en Lituanie (2,4%) et, dans la zone euro, en Slovaquie (1,8%) et en Estonie (1,6%).
Sur le plan budgétaire, le déficit moyen continuera à décroître dans l'Eurozone et l'UE en 2012, pour être ramené respectivement à 3,2% (4,1% en 2011) et 3,6% (4,5%). Là encore, les divergences nationales sont substantielles. Dans l'Eurozone, les déficits excessifs seront les plus marqués en Irlande (8,3% en 2012 et 7,5% en 2013 à politique inchangée), en Grèce (7,3%, 8,4%), en Espagne (6,4%, 6,3%), en France (4,5%, 4,2%). L'Italie devrait être en mesure de ramener son déficit sous la barre des 3% cette année (2%) et se rapprocher de l'équilibre en 2013 avec un déficit de 1%.
M. Rehn a redit sa confiance dans la capacité de l'Espagne à respecter ses objectifs de réduction du déficit excessif (4,3% en 2012, 3% en 2013) même si, à politique inchangée, elle n'y arrivera pas. La nouvelle loi de stabilité budgétaire devrait contribuer à diminuer le déficit des régions espagnoles, a-t-il espéré (voir autre nouvelle). Concernant l'Italie, le commissaire a estimé que Rome atteindrait en 2013 un équilibre budgétaire « en termes structurels », c'est-à-dire net des effets cycliques et des mesures 'one-off'. « L'Italie n'a pas besoin d'adopter de nouvelles mesures de consolidation budgétaire », a-t-il indiqué. La France doit-elle adopter un plan de rigueur pour ramener son déficit sous la barre des 3% en 2013, la Commission prévoyant un déficit excessif de 4,2% en 2013 ? « L'écart » observé entre les projections françaises est attribuable à « un scénario moins optimiste et établi à politique inchangée », a expliqué le commissaire, qui attend que « la France spécifie les mesures envisagées pour 2013 » pour redresser ses finances publiques. Quant à la Grèce, M. Rehn a espéré que les autorités grecques seront à la hauteur des défis auxquels la Grèce est confronté, parmi lesquels la constitution d'un gouvernement favorable au 2ème programme d'ajustement du pays. (MB)