Bruxelles, 04/05/2012 (Agence Europe) - La République de Corée du Sud établira un marché du carbone à compter du 1er janvier 2015, en vertu d'une loi dont le pays s'est doté jeudi 3 mai, à la plus grande satisfaction de l'UE et des ONG européennes. Cela d'autant que cette loi prévoit la possibilité de relier le futur marché du carbone sud-coréen à d'autres systèmes analogues, comme celui de l'UE, de l'Australie et de la Nouvelle- Zélande, dans la perspective d'un marché mondial du carbone qui puisse contribuer à l'effort global requis pour lutter contre le changement climatique.
En projetant par voie législative de fixer un prix du carbone applicable aux 450 plus gros pollueurs du pays, la Corée du Sud - 8ème émetteur de CO2 au monde - s'est engagée à réduire ses émissions de 30% à l'horizon 2020 par rapport au niveau qu'atteindraient ces émissions dans un scénario sans effort.
Cette initiative fera de la Corée du Sud le troisième pays de la région Asie-Pacifique, et le premier pays d'Asie à adopter pareille législation.
Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, a accueilli favorablement cette annonce en souhaitant la « bienvenue à la Corée du Sud, douzième économie au monde, dans la famille de l'ETS qui s'élargit ». Saluant, lui aussi, cette nouvelle en provenance d'un pays qui est le 11ème marché d'exportation de l'Europe, le WWF a aussitôt réitéré son appel à la Commission européenne pour qu'elle remédie aux dysfonctionnements de l'ETS de l'UE.
« Ce qui est particulièrement impressionnant dans cette avancée de la Corée du Sud, c'est qu'elle a reçu l'appui de tous les partis face à l'opposition stérile des grandes industries polluantes. Pendant ce temps- là, l'ETS de l'UE est confronté à une surabondance de crédits alloués qui sape son efficacité. Il est grand temps que la Commission propose immédiatement une réforme judicieuse de l'ETS pour éliminer les 'tonnes toxiques' qui empoisonnent la santé du système et l'innovation », souligne, dans un communiqué, Jason Anderson, expert en politique climatique de l'UE au bureau européen du WWF.
Ce futur ETS sud-coréen s'inscrit dans l'agenda de la croissance verte poursuivi par le gouvernement de Séoul et qui a déjà permis la mobilisation de près de 65 milliards d'euros dans des initiatives stimulant les investissements dans les technologies propres, rappelle l'ONG de défense de l'environnement. (AN)