Bruxelles, 17/04/2012 (Agence Europe) - Siim Kallas commence à perdre patience devant l'obstination de certains pays, Allemagne en tête, à jouer la montre pour installer le système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS), alors qu'ils se sont formellement engagés à le faire d'ici 2015. Le Commissaire européen chargé du Transport n'a d'ailleurs pas mâché ses mots lors de la conférence sur l'ERTMS, organisée par la Présidence danoise à Copenhague ces 16 et 17 avril: « Il n'y pas d'excuses pour ne pas mettre en place l'ERTMS. (…) Tout doit être mis en œuvre pour respecter la date butoir de 2015. Pourtant le temps nécessaire pour les appels d'offre, l'installation, les tests et l'autorisation vient à manquer ».
Berlin bloque. Sa première priorité est le corridor reliant Rotterdam (Pays-Bas) à Gènes (Italie). Celui-ci est clé pour la mise en place d'un espace ferroviaire européen, capable de concurrencer sérieusement la route pour le transport de fret, et de réduire les émissions de CO2 dans le transport. L'Italie, les Pays-Bas mais aussi l'Allemagne et la Suisse sont impliqués, ce dernier pays ayant déjà largement réalisé sa part. M. Kallas, en termes voilés, a critiqué l'Allemagne à Copenhague. Berlin aurait récemment fait machine arrière, arguant préférer à l'ERTMS un autre système (STM), potentiellement moins coûteux. « Ne pas installer ne fut-ce qu'un kilomètre de voie pourrait mettre en danger la compétitivité du transport ferroviaire sur tout le tronçon, et mettre en jeu les objectifs plus larges de tout le projet ERTMS. Si cela arrive, alors les autres pays souffriront injustement », a-t-il souligné. Il a admis néanmoins que l'ERTMS rencontre des problèmes techniques, mais qui peuvent être résolus, affirme-t-il. Reconnaissant que le système implique des dépenses en temps et en argent pour les États membres, un sujet délicat dans un contexte de récession économique, le commissaire propose d'étudier de plus près ces problèmes et d'envisager une certaine flexibilité. Toujours est-il, a mis en garde M. Kallas, des progrès sont nécessaires et « il est inacceptable pour des pays individuels de mettre en suspens le déploiement du système ».
Copenhague à l'avant-garde. Sur ce dossier, la Présidence danoise est en première ligne. « Nous avons décidé au Danemark de mettre en place l'ERTMS sur l'entièreté du réseau ferroviaire. Par conséquent, je pense que nous pouvons justement dire que nous sommes à l'avant-garde pour la promotion d'un réseau ferroviaire moderne et efficace », a expliqué le ministre danois du Transport, Henrik Dam Kristensen. D'où la volonté du Danemark d'organiser une telle conférence sur son sol. (MD)