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Bulletin Quotidien Europe N° 10596
SOCIAL - ÉDUCATION / (ae) social

La Commission ouvre le débat sur les minimas salariaux

Bruxelles, 17/04/2012 (Agence Europe) - Pour la première fois, la Commission européenne donnera son avis, mercredi 18 avril, sur la question du salaire minimum. Un sujet qui touche à la fois à la compétitivité entre les États membres et aux inégalités au sein des marchés nationaux du travail. Dans les propositions d'orientation qu'elle s'apprête à présenter à Strasbourg, la Commission fait la promotion des systèmes qui garantissent des rémunérations « décentes et viables », mais tout en soulignant que plusieurs paliers de salaire minimum, en fonction des secteurs, peuvent « être un moyen efficace de maintenir la demande de travail », peut-on lire dans le document de travail, dont EUROPE a obtenu une copie.

Le document en question, intitulé « Towards a job-rich recovery », présente une stratégie à moyen terme pour promouvoir des outils jugés adéquats pour relancer la création d'emploi et revenir à la croissance économique. Il se compose de trois volets: soutenir la création d'emploi ; restaurer les dynamiques des marchés du travail ; améliorer la gouvernance de l'UE. Parmi toutes propositions qui y figurent, celle qui touche au salaire minimum est à la fois la plus sensible politiquement et celle qui a suscité le plus de controverses dans de nombreux médias. Et au vu de l'attention portée à ce sujet, la porte-parole du commissaire Laszlo Andor, Cristina Arigho, a souhaité, 24 heures avant la publication officielle du dit paquet emploi, « corriger tous les malentendus ». « Nous ne parlons pas d'une réduction des salaires miniums » ni de la mise en place d'un barème européen, a-t-elle affirmé. L'objectif de la Commission est de souligner, « et c'est une première », que le système de rémunération minimale joue un rôle important, surtout en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités, mais que celui-ci doit aussi « pouvoir être ajusté régulièrement, avec les partenaires sociaux », a-t-elle précisé.

Si l'exemple de l'Allemagne est souvent présenté comme étant un modèle de flexibilité industrielle, qui s'adapte parfaitement aux fluctuations de l'économie mondiale, il est également critiqué en raison de l'absence d'un système national de rémunération minimale. La Commission semble favoriser une approche hybride, mais qui n'est pas sans certaines contradictions. Si un tel système est un outil qui « peut aider à prévenir l'augmentation de la pauvreté au travail », il est également un instrument de compétitivité. Et si la Commission fait valoir que « des augmentations ciblées, qui aident à soutenir la demande globale, peuvent être possibles, là où les salaires n'ont pas suivi de manière significative les évolutions de la productivité », elle souligne en même temps que « la modération salariale pourrait être nécessaire pour certains secteurs ou États membres ». La voie choisie est donc celle d'un système où les minimas salariaux sont négociés au cas par cas, privilégiant de la sorte des accords sectoriels, aux dépens des systèmes nationaux. Avec encore cette exception selon laquelle les États sous assistance financière, notamment l'Irlande et le Grèce, doivent diminuer considérablement leurs barèmes, tout en créant des contrats de travail atypiques, entre autres pour les jeunes en Grèce (EUROPE nº10583), qui sortent du cadre des normes en vigueur (salaire, règles de licenciement, droit aux allocations chômages). (JK)

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