Bruxelles, 17/04/2012 (Agence Europe) - La Belgique, le Danemark, l'Allemagne, l'Autriche, la Suède et les Pays-Bas mettent en décharge moins de 3 % de leurs déchets municipaux. Autrement dit, 97 % des déchets y font l'objet d'un traitement. Des processus de valorisation comme le recyclage et le compostage ont débouché sur la création d'une industrie prospère et de nombreux emplois. En Allemagne, 45 % des déchets sont recyclés, 40 % en Belgique. En revanche, dans d'autres États membres, entre 90 et 100 % des déchets ne font l'objet d'aucun traitement et finissent donc pour la plupart en décharge. En Bulgarie, par exemple, 100 % des déchets sont mis en décharge ; en Roumanie, en Lituanie et en Lettonie les pourcentages sont respectivement de 99 %, 94 % et 91 %. C'est pour lutter contre cette disparité et inciter les pays à la traîne à exploiter le potentiel économique que recèlent les déchets que la Commission européenne a présenté, lundi 16 avril, un rapport qui explique, à la lumière de l'expérience des États membres les plus performants, que l'attrait de la valorisation des déchets résulte de l'effet combiné de plusieurs instruments économiques.
Ces instruments sont: 1) les taxes et interdictions de mise en décharge et d'incinération. Sur ce point, les résultats de l'étude sont sans équivoque: les taux de mise en décharge et d'incinération ont baissé dans les pays où interdictions ou taxes ont entraîné une augmentation des coûts de mise en décharge et d'incinération ; 2) les systèmes de tarification qui se sont révélés très efficaces pour prévenir la génération de déchets et encourager les citoyens à participer aux collectes séparées ; 3) les programmes de responsabilité des producteurs qui ont permis à plusieurs États membres de collecter et redistribuer les fonds nécessaires à l'amélioration des collectes séparées et du recyclage. Mais la rentabilité et la transparence varient énormément entre les États membres ainsi qu'entre les flux de déchets, note la Commission qui conclut que ces systèmes nécessitent donc une planification et un suivi minutieux.
À l'occasion de la présentation du rapport, Janez Potocnik, le commissaire à l'Environnement, a expliqué que si l'Union européenne veut atteindre les objectifs spécifiés dans la « Feuille de route pour une Europe efficace dans l'utilisation des ressources », c'est-à-dire supprimer totalement la mise en décharge, maximiser le recyclage et la réutilisation des déchets et limiter la récupération d'énergie aux déchets non-recyclables, ces instruments économiques devront être répandus dans tous les États membres. C'est la raison pour laquelle la possibilité de rendre leur utilisation juridiquement contraignante sera évaluée en 2014 par la Commission, lors d'un réexamen des objectifs de l'UE en matière de déchets.
La gestion des déchets et l'industrie du recyclage au sein de l'Union européenne ont réalisé un chiffre d'affaires de 145 milliards d'euros en 2008 et représentaient environ 2 millions d'emplois. Selon la Commission, l'application intégrale de la politique de l'UE en matière de déchets permettrait la création de 400 000 emplois supplémentaires au sein de l'Union et augmenterait de 42 milliards d'euros le chiffre d'affaires annuel du secteur. (OL)