Bruxelles, 17/04/2012 (Agence Europe) - L'Eurozone ne sortira pas de la récession avant 2013, selon les prévisions économiques actualisées que le Fonds monétaire international (FMI) a publiées mardi 17 avril à quelques jours des réunions de printemps de Washington. En 2012, le PIB de la zone devrait en effet diminuer de 0,3%, une estimation pourtant légèrement supérieure aux prévisions intérimaires de janvier. Selon l'organisation, la récession sera faible et courte dans les pays de la zone euro les plus robustes, tandis qu'« en Grèce et au Portugal, où l'ajustement économique se poursuit à travers des programmes conjoints UE/FMI, ainsi qu'en Italie et en Espagne, où les rendements (demandés sur les obligations souveraines) demeurent élevés malgré des efforts accentués en matière de consolidation budgétaire, les récessions seront plus profondes et la reprise n'est attendue qu'à partir de 2013 ». Par exemple, pour l'Italie et l'Espagne, deux pays dans la ligne de mire des marchés, le FMI s'attend à une diminution respective de 1,9% et de 1,8% du PIB national.
L'organisation financière internationale estime que la première priorité pour l'Europe est de prévenir une nouvelle escalade de la crise de la dette souveraine en Europe tout en remédiant à ses causes sous-jacentes. La consolidation budgétaire constitue « une priorité évidente » même si certaines trajectoires nationales de réduction du déficit excessif pourraient être adaptées en fonction de la conjoncture économique. L'objectif espagnol de ramener ce déficit de 8,5% à 5,3% du PIB est « approprié, bien qu'il ait pu tenir mieux compte de l'impact d'une croissance faible », estime le FMI. Et des pays robustes comme « l'Allemagne » pourraient ralentir le rythme d'assainissement des finances publiques en laissant jouer les stabilisateurs automatiques. Sur le plan monétaire, la BCE devrait poursuivre sa politique accommodante: ses principaux taux directeurs pourraient encore baisser et ses politiques non conventionnelles faciliter l'injection de liquidités aux banques. Sans oublier le besoin urgent de réformes structurelles, notamment du marché du travail, qui devraient aider à rendre les économies européennes plus compétitives.
Firewall. Le week-end prochain, les membres du FMI s'interrogeront sur le niveau adéquat d'accroissement des ressources à disposition de l'organisation pour venir en aide aux pays en difficulté, le chiffre de 400 milliards de dollars étant désormais avancé. Celle-ci accueille favorablement la décision de l'Eurogroupe de « combiner le Mécanisme européen de stabilité (ESM) et le Fonds européen de stabilité financière » (FESF) afin de parvenir à un pare-feu anticrise de 700 milliards d'euros (EUROPE n°10586). Le FMI plaide en outre pour la mise sur pied d'une entité européenne capable d'intervenir dans le capital des banques afin de limiter le processus de désendettement de ces dernières. Et de voir d'un bon œil « un partage accru des risques budgétaires entre les pays y compris, par exemple, à travers un ESM renforcé ». (MB)