Bruxelles, 26/03/2012 (Agence Europe) - Deux ans après l'édition de Washington, le 2ème sommet sur la sécurité nucléaire réunit les 26 et 27 mars à Séoul les représentants au plus haut niveau de 53 États, de l'ONU et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Objectif: rappeler l'engagement au plus haut niveau pour la sécurisation des matériaux et des installations nucléaires, et contre le terrorisme nucléaire. Côté européen, Herman Van Rompuy plaide pour une « culture mondiale » de la sécurité nucléaire.
Confirmer l'engagement de 2010. Tous les grands dirigeants de la planète ont répondu sans exception à l'invitation du président sud-coréen Lee Myung-bak. Le président américain Barack Obama, le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Mdevedev, le Premier ministre nippon Yoshihiko Noda et, côté européen, les présidents Herman Van Rompy (Conseil) et José Manuel Barroso (Commission) - les Premiers ministres français François Fillon et britannique David Cameron ont également fait le déplacement - sont jusqu'à mardi à Séoul pour confirmer les engagements pris en 2010, en faveur d'une plus grande coopération internationale sur la sécurité nucléaire. Au terme du sommet, une déclaration non contraignante devrait être adoptée, mentionnant des engagements pour réduire l'usage d'uranium hautement enrichi et du plutonium et renforcer sa gestion. Le document appellera à lutter contre le trafic des matériaux nucléaires et plaidera pour que davantage de pays adhèrent aux systèmes internationaux de régulation en matière de sécurité nucléaire. Un soutien accru à l'AIEA doit aussi être inscrit. Un an après l'accident survenu en mars 2011 à la centrale de Fukushima Daiichi, le renforcement des mesures de sécurité dans les installations nucléaires était également à l'ordre du jour du sommet de Séoul.
La Corée du Nord dans le collimateur. S'il n'était pas formellement inscrit à l'ordre du jour, le cas de la Corée du Nord était largement abordé en coulisse, tout comme celui de l'Iran, lors de rencontre bilatérales. Après avoir conclu en février avec les États-Unis un accord prévoyant un moratoire sur ses activités nucléaires, la Corée du Nord a déclenché un tollé dans la région en annonçant à la mi-mars le lancement, à la mi-avril, d'une fusée emportant un satellite d'observation terrestre. Le lancement aux visées pacifiques, selon Pyongyang, qui doit marquer le centenaire de Kim Il Sung, fondateur du régime nord-coréen actuel, est assimilé à une grave provocation par les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon. Les trois pays estiment que le lancement de la fusée nord-coréenne couvre le test d'un missile balistique de longue portée, en violation de la résolution 1874 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en 2009, qui interdit à la Corée du Nord tout tir d'engin balistique. Lundi, la Corée du Sud a prévenu qu'elle détruira en vol la fusée nord-coréenne si celle-ci dévie au-dessus du territoire sud-coréen, et le Japon a averti qu'il allait déployer ses systèmes anti-missiles. Lundi, les présidents Lee et Obama, qui se sont rendus dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées, ont appelé Pyongyang à renoncer aux provocations. M. Lee devait rencontrer MM. Hu et Mdevedev dans la journée.
Van Rompuy pour une « culture mondiale » de la sécurité nucléaire. Réaffirmant « l'engagement de l'UE à atteindre le plus haut niveau de sécurité nucléaire », le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a plaidé lundi devant ses pairs pour l'émergence d'une « culture globale de la sécurité nucléaire avec la compréhension qu'il est, en fin de compte, de la responsabilité de chaque État de maintenir efficacement la sécurité nucléaire », et réclamé « des efforts nationaux et une coopération internationale plus intenses » contre la menace du terrorisme nucléaire. M. Van Rompuy a néanmoins salué les engagements pris à Séoul pour minimiser, et éventuellement arrêter, l'utilisation d'uranium hautement enrichi à des fins civiles, rappelant que l'UE prévoit de convertir d'ici la fin de la décennie ses derniers réacteurs de recherche encore alimentés par de l'uranium enrichi, en fonction de la technique et de la faisabilité économique.
L'UE très active au plan mondial. Le président du Conseil européen a mis en exergue les efforts entrepris par l'UE pour contribuer à la sécurité nucléaire au plan mondial. Tant au plan interne, avec la mise en œuvre de son plan d'action sur les armes de destruction massive (CBRN) pour renforcer la sécurité chimique, biologique, radiologique et nucléaire, qu'au plan international, où l'UE préconise l'adhésion universelle aux traités internationaux, promeut des contrôles nationaux des exportations rigoureux, lutte contre le trafic illicite et poursuit une coopération étroite avec ses partenaires tout en visant d'autres pays intéressés, a expliqué M. Van Rompuy, soulignant le rôle de premier plan de l'AIEA dans la coopération internationale en matière de sécurité nucléaire. Outre sa contribution au fonds de l'AIEA sur la sécurité nucléaire pour aider plus de 100 pays à travers le monde, l'UE dispose d'un large éventail de programmes pour promouvoir les normes de sécurité à l'échelle mondiale, telle sa dernière initiative, les centres d'excellence CRBN, et contribue de manière significative, à hauteur de 1 milliard d'euros depuis 2002, au programme de partenariat global du G8 pour la sécurité nucléaire. (EH)