Bruxelles, 26/03/2012 (Agence Europe) - 164,5 millions d'euros. C'est le montant que la Commission européenne a décidé de mobiliser vendredi 23 mars pour renforcer, au-delà de l'urgence, la sécurité alimentaire dans la région du Sahel où 15 millions de personnes sont menacées de famine. 123,5 millions d'euros d'aide humanitaire d'urgence avaient précédemment été mobilisés pour la réponse précoce à la crise dans les cinq pays (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger et Sénégal) qui avaient lancé un appel à la communauté internationale.
Ce nouveau financement, axé sur le développement rural et la production alimentaire, a été décidé le jour où les ministres des Affaires étrangères des 27 ont souligné (dans des conclusions du Conseil sur la mise en œuvre de la stratégie globale de l'UE pour la région du Sahel adoptée il y a un an), l'engagement de l'UE à accroître son appui aux efforts déployés par les pays du Sahel en vue de contrer, à l'avenir, les problèmes de malnutrition chronique et d'atteindre l'alimentation et la sécurité alimentaire durables.
« En soutenant le développement rural et la production alimentaire, nous attaquons les causes des crises alimentaires récurrentes dans la région et bâtissons une résilience des peuples et pays du Sahel. Avec l'implication forte de nos partenaires, nous pouvons encore éviter la crise majeure et sauver de nombreuses vies, en particulier les femmes et les enfants qui sont généralement les premières victimes de l'insécurité alimentaire », souligne Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement.
Le nouveau programme d'aide soutiendra les systèmes nationaux existants de sécurité alimentaire gérés par les gouvernements. Il permettra aussi de renforcer les initiatives nourriture/argent contre travail mises en place au profit des populations pauvres et de donner aux agriculteurs des bons pour des semences et des engrais. Le programme financera en outre l'amélioration de l'information sur la sécurité alimentaire et la nutrition, via de meilleurs systèmes d'alerte précoce sur la situation alimentaire.
Suite au coup d'État au Mali qui a conduit l'UE à suspendre sa coopération avec le gouvernement malien (EUROPE n° 10581), les actions de l'UE se concentreront sur des programmes au Tchad, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal. L'aide humanitaire directe aux populations du Mali se poursuivra.
Rappelons que la crise au Sahel résulte de plusieurs facteurs conjugués - insuffisance des précipitations, mauvaises récoles, flambée des prix alimentaires - et se trouve encore aggravée par le retour de Libye de travailleurs migrants sans revenus ni emploi. (AN)