Bruxelles, 26/03/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie, vendredi 23 mars, sur le projet de rachat d'EMI par Universal Music. Elle craint qu'en absorbant EMI, troisième acteur du secteur de la musique enregistrée avec 10% du marché mondial, Universal, filiale de Vivendi et numéro un mondial du secteur (28% du marché), n'acquière un pouvoir excessif vis-à-vis de ses clients directs et ne soit en mesure d'influencer les prix, au détriment des consommateurs. Elle se donne 90 jours pour déterminer si ses craintes sont confirmées ou non.
Son enquête préliminaire avait en effet montré que l'opération, notifiée le 7 février 2012, conduirait à des parts de marché cumulées élevées pour la vente en gros de musique enregistrée dans des formats physiques et numériques dans l'Espace économique européen (EEE) et dans un grand nombre d'États membres. Par ailleurs, la nouvelle entité, qui aurait presque deux fois la taille du deuxième acteur de l'EEE, pourrait ne pas être soumise à des pressions suffisantes exercées par les autres concurrents ou résultant de la puissance d'achat des clients et/ou de la menace de la consommation de musique illégale (le « piratage »). Après l'absorption d'EMI par Universal, il ne resterait plus en effet que trois grands groupes de musique dans le monde, avec Sony et Warner. L'opération était contestée notamment par Impala, le syndicat européen fédérant la majorité des producteurs musicaux indépendants. (FG)