Bruxelles, 12/03/2012 (Agence Europe) - Le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) ont accueilli avec scepticisme, lundi 12 mars, les nouvelles propositions qui requièrent que les secteurs européens de la sylviculture et de l'agriculture contrôlent et notifient, dès 2013, tout changement d'utilisation des terres susceptible de se répercuter sur les émissions de gaz à effet de serre, et ce, dans le cadre mesures visant à réfréner le changement climatique (voir autre nouvelle). « Ces propositions ne sont ni réalisables, ni cohérentes », a déclaré Pekka Pesonen, secrétaire général du COPA-COGECA.
La Commission propose que les États membres tiennent un registre de l'afforestation, de la reforestation, de la déforestation, de la gestion des forêts, de la gestion des surfaces agricoles et des pâturages en lien avec les émissions de carbone, de méthane et de protoxyde d'azote. Il est demandé aux États membres de soumettre des plans d'action visant à limiter ou réduire les émissions, et il est possible que la Commission publie des recommandations « visant à renforcer les efforts consentis par les États membres ».
Pekka Pesonen affirme que ceci ne s'inscrit pas dans les engagements internationaux récemment approuvés à Durban (deuxième période d'engagement au titre du Protocole de Kyoto dès le 1er janvier 2013). Le COPA-COGECA demande à la Commission d'expliquer pourquoi elle souhaite modifier les règles trois mois après Durban. De plus, les connaissances scientifiques en termes de capacité de stockage du carbone et d'émissions provenant des sols, ainsi que les effets induits par différentes méthodes de gestion, « sont encore loin d'être complètes », selon les organisations agricoles de l'UE. Le COPA-COGECA juge que la comptabilisation obligatoire des sols agricoles et des pâturages ne devrait pas être incluse dans les propositions de la Commission avant qu'une décision claire ne soit prise lors des pourparlers internationaux, et ce, en raison de la charge administrative et des coûts induits par les contrôles. Pour le COPA-COGECA, la comptabilisation des sols sylvicoles et agricoles doit rester volontaire. « Compte tenu de la prochaine réforme de la politique agricole commune, de la demande alimentaire croissante, du fait que les agriculteurs européens et leurs coopératives sont confrontés à des défis majeurs tels que l'amenuisement des ressources et la hausse des coûts de production, j'exhorte les institutions européennes à éviter d'imposer des contraintes supplémentaires aux agriculteurs et d'agir précipitamment », conclut Pekka Pesonen. (LC)