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Bulletin Quotidien Europe N° 10572
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Quelques remarques, parfois à contre-courant, sur différents sujets

Une idée italo-allemande. Il ne s'agit pas d'une initiative officielle commune de Berlin et Rome, mais d'un appel publié en même temps par Die Welt et Corriere della Sera, invitant les parlements italien et allemand à ratifier le même jour, et avant le Conseil européen de juin le nouveau traité européen sur la discipline budgétaire, en accompagnant cette ratification par une Déclaration commune en faveur d'une Union politique européenne avec un gouvernement fédéral. Cette déclaration comporterait une méthode et un calendrier de réalisation.

Figurent parmi les signataires, Elmar Brok, Daniel Cohn-Bendit, Jo Leinen, Hans-Gert Pöttering, Emma Bonino, Romano Prodi, Monica Frassoni, Rocco Cangelosi, Giuliano Amato, etc. L'occasion de cette initiative est la rencontre à Rome entre Angela Merkel et Mario Monti. Je reviendrai sur le contenu de ce texte et surtout sur quelques prises de position qui l'accompagnent.

Grèce: autorités européennes et syndicats, objectifs analogues ? L'attitude des autorités de l'UE et les revendications de la Confédération européenne des syndicats (CES) à l'égard du problème de la Grèce sont, quant au fond, moins éloignées de ce qu'on croit. C'est du moins l'impression que laisse la Déclaration de la CES sur la Grèce publiée dans notre bulletin n° 10570. Le ton de la CES est vivement polémique: l'UE, la BCE et le FMI sont accusés de démanteler les droits fondamentaux des travailleurs et de détruire la cohésion sociale, et la Confédération exprime son indignation. Après quoi, en se référant essentiellement (mais non exclusivement) à la Grèce, elle précise la liste des mesures qu'elle réclame: recouvrement équitable de l'impôt, actions contre la fraude fiscale, utilisation effective des Fonds structurels (de l'UE) pour les investissements, réductions des dépenses militaires et des dépenses superflues.

C'est exactement ce que demandent les institutions communautaires, avec l'engagement du président Barroso à fournir une aide européenne considérable à la Grèce, car - quoi qu'il arrive pour l'aspect «euro» - la Grèce restera en tout état de cause dans l'UE (contrairement aux mensonges qu'on fait courir par ignorance ou mauvaise foi). Le président Barroso a déjà annoncé aux autorités grecques son programme de soutien renforcé. Tout ce que la Confédération syndicale réclame y figure. Faut-il répéter une fois de plus que les règles de l'euro n'ont aucun rapport avec le soutien européen aux États membres moins favorisés ?

Perplexités à propos de la Hongrie. L'attitude des ministres hongrois qui discutent à Bruxelles des infractions aux règles communautaires que la Commission a reprochées à leur pays est en général apaisante. Ils admettent la possibilité de certaines erreurs et ils se déclarent prêts à les corriger ; dans quelques cas ils défendent la position nationale, mais toujours en se déclarant ouverts au dialogue. Tant mieux.

On a pourtant l'impression que le respect des règles communautaire est pour Budapest le dernier de leurs soucis et que l'attitude conciliante vise surtout à ne pas perdre les subventions et autres avantages auxquels le pays à droit s'il respecte les règles communautaires. Plusieurs observateurs sur place, ou proches, affirment que le gouvernement hongrois actuel est foncièrement hostile à une unité européenne approfondie fondée sur des structures supranationales. À chacun ses préférences, mais à la condition de ne pas prétendre que l'UE devienne essentiellement une machine à subventions pour ceux qui n'en partagent pas les orientations les plus ambitieuses, les principes et les objectifs.

Cette remarque s'adresse aussi à certains pays candidats à l'adhésion dont les vrais objectifs seraient essentiellement trois: l'accès à l'espace Schengen ; les financements des Fonds structurels et la participation à certaines politiques communes. S'il en est ainsi, l'Europe à deux vitesses deviendra inéluctable.

L'énergie nucléaire: un problème d'électricité. Cette rubrique s'est efforcée de prouver, la semaine dernière, la nécessité pour l'UE d'une politique énergétique commune et, dans ce contexte, elle a évoqué l'énergie nucléaire. Mais en ce domaine il n'existe à mon avis aucune urgence de définir une position communautaire uniforme. Dans le secteur de l'énergie, le vide que l'UE doit combler est celui des relations avec les pays tiers fournisseurs: elle doit agir avec eux comme un ensemble et elle en est bien loin. Mais l'énergie nucléaire n'est pas l'objet de négociations directes avec des pays tiers: l'UE n'en importe pas. Du point de vue de l'approvisionnement, c'est un problème interne ; l'aspect « production d'électricité » est presque secondaire face aux aspects de sécurité ou militaires, qui ne font pas partie de la politique de l'énergie. Les autorités et les opinions publiques doivent éviter toute confusion ; l'électricité nucléaire est importante pour certains États membres et il faut en discuter avec sérénité sur le plan interne.

(FR)

 

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