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Bulletin Quotidien Europe N° 10571
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transport

Opposition chiffrée à l'internationalisation des méga-camions

Bruxelles, 09/03/2012 (Agence Europe) - La possibilité que le passage transfrontalier des méga-camions soit autorisé ne ravit pas l'Union internationale des entreprises de transport combiné rail-route (UIRR) La semaine dernière le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, était sur le point d'envoyer une lettre aux 27, leur offrant la possibilité de décider d'autoriser ou non les poids lourds surdimensionnés de passer leur frontière. Le Parlement européen ayant eu vent de la démarche a rappelé le commissaire à l'ordre pour qu'il se concerte avec les eurodéputés dans un premier temps. Néanmoins, le sujet était sur toutes les lèvres la semaine dernière. Nombreux ont été les avis favorables à ce que les méga-camions puissent s'internationaliser.

L'UIRR compte les désagréments. Ce qui n'est pas au goût de l'UIRR, qui estime que l'autorisation transfrontalière n'est pas « le fruit à portée de main dont certains opérateurs et leurs représentants font le portrait». L'organisation met en garde: la démarche pourrait avoir pour conséquence dommageable un shift du transport du rail vers la route, le contraire de ce qui est préconisé dans le Livre Blanc sur le transport. L'UIRR met l'accent sur le lot de désavantages en termes d'environnement, de sécurité et d'emploi. En analysant en parallèle différentes études, l'UIRR dégage plusieurs chiffres. L'utilisation transfrontalière des méga-camions générerait par an 6 millions de tonnes de CO2, mais aussi 1500 accidents de la route supplémentaires impliquant des camions plus longs et plus lourds, avec des coûts externes se situant entre 180 et 540 millions d'euros. Enfin, la croissance et l'emploi en souffriraient également, à hauteur de plusieurs milliards par an. L'autorisation transfrontalière serait « une distraction, coûteuse en termes écologiques et sécuritaire, au développement de solutions vraiment bénéfiques pour le transport de fret longue distance, qui est capable d'engendrer une réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la dépendance au pétrole, tout en améliorant les objectifs de sécurité du transport », déclare le président de l'association, Rudy Colle.

Kallas en répondra. Il est attendu que le commissaire aux Transports réponde aux inquiétudes des parlementaires européens lors de la prochaine réunion de la commission parlementaire en charge du transport et du tourisme (TRAN) qui se tiendra les 26 et 27 mars prochain. Il est probable également qu'il s'entretienne du sujet avec les ministres des Transports, lors de leur réunion le 22 mars. (MD)

 

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