Bruxelles, 09/03/2012 (Agence Europe) - Le cap est bon, mais la route est longue, juge le Comité économique et social européen (CESE), dans son avis rendu fin février sur le mécanisme pour l'interconnexion en Europe (CEF), initiative de la Commission qui alloue une enveloppe de 50 milliards d'euros au financement des investissements nécessaires pour combler les chaînons manquants dans les infrastructures de transport, de télécommunications et d'énergie. N'étant pas en mesure de financer seule ces chaînons manquants dans les réseaux énergétiques, numériques et de transport, l'UE doit stimuler la démultiplication du financement public et privé en donnant aux projets d'interconnexions une plus grande crédibilité et en réduisant le risque, juge le CESE, dans l'avis d'ensemble sur le CEF de Raymond Hencks (groupe des travailleurs, Luxembourg), qui se rallie à l'idée d'emprunts obligataires de l'UE pour les projets d'infrastructure.
Dans un avis sur les réseaux énergétiques transeuropéens, Egbert Biermann (groupe des travailleurs, Allemagne) avance l'idée de créer un super-réseau à haute tension pour l'électricité et à haute pression pour le gaz, reposant sur des réseaux intelligents décentralisés, des interconnexions transfrontalières et de meilleures capacités de stockage. En revanche, l'avis de M. Biermann appelle au réalisme quant à un avènement rapide des technologies de captage et de stockage carbone, dont il doute de l'opérabilité complète d'ici 2020.
Dans un avis sur les orientations pour les réseaux transeuropéens de transport, Stefan Back (groupe des employeurs, Suède) estime que les réseaux multimodaux et continus transfrontaliers incluant « le dernier kilomètre » et reliés aux pays tiers seront essentiels au succès de la stratégie, et joueront un rôle important pour la réalisation des objectifs définis dans le Livre blanc de 2011 sur la feuille de route pour un espace européen unique des transports. M. Back pointe cependant du doigt les incohérences entre les objectifs stratégiques à long terme énoncés dans la proposition et les mesures plus immédiates qui s'imposent entre 2020 et 2030.
Dans son avis relatif aux réseaux numériques, Antonio Longo (groupe des activités diverses, Italie) salue l'octroi par la Commission d'une partie des fonds disponibles au titre du CEF au développement de la large bande, mais il suggère de se concentrer sur les projets pour l'interconnexion transfrontalière et l'interopérabilité technique. L'avis de M. Longo rappelle la nécessité de respecter le principe de neutralité du réseau et est favorable à l'inclusion de la connexion à l'internet dans le service universel. Le CESE s'interroge en revanche sur le pouvoir que s'arroge la Commission de modifier les projets retenus en vue d'un financement, ce qui risque de l'exposer à des pressions inutiles.
Dans chacun de ces avis, le CESE souligne l'importance de garantir l'accès au réseau à tous les opérateurs pour offrir aux consommateurs des services améliorés, voire moins chers. (EH)