Bruxelles, 09/03/2012 (Agence Europe) - À l'heure où un premier accord pourrait être dégagé sur les propositions de la Commission relatives au futur réseau transeuropéen de transport (RTE-T), différentes voix se font entendre pour que les ministres européens analysent le texte en tenant compte des appréciations du rail et des régions. La présidence danoise serait en train de consolider une position sur réseau RTE-T qui pourrait être adoptée lors du prochain Conseil 'Transports' du 22 mars. Si, à ce stade, les États membres, à l'exception de l'Espagne, ne reviennent pas sur le dessin des cartes, ils planchent plutôt sur les délais proposés par la Commission pour mettre en place le réseau central (2030) et le réseau global (2050). En effet, les ministres européens préféreraient une formulation moins contraignante, plutôt qu'une obligation formelle, rapporte une source de la Commission européenne.
En parallèle, les élus régionaux ont affiné leur approche, qui pourrait bien nourrir les négociations, en adoptant l'avis de Bernard Soulage (PES, français) lors de la réunion de la commission en charge de la cohésion territoriale (COTER) du Comité des régions (CdR) plus tôt cette semaine à Lisbonne (l'avis sera adopté lors de la plénière début mai). Ils regrettent que les autoroutes de la mer soient relativement mises de côté dans les propositions de la Commission, et demandent des clarifications sur la définition de « nœuds urbains » pour que ces zones prennent en compte les espaces logistiques et portuaires.
Le CdR revient aussi sur l'organe de gouvernance que propose la Commission, les plateformes de corridor, et demande que les autorités locales et régionales y soient associées, car ce sont les régions et les villes qui sont les premières à développer les infrastructures de transport. La Communauté européenne du rail (CER), par la voie d'un document de position élaboré début mars, souhaiterait aussi que le rôle de ces plateformes soit clarifié et que les entreprises ferroviaires participent au travail de ces plateformes. Le CER demande aussi que le rôle et les compétences du coordinateur européen soient clarifiés, tout en se félicitant que son rôle son rôle soit renforcé. Par ailleurs, le CER fait savoir qu'à ses yeux les dispositions pour le droit à l'accès aux plateformes et aux terminaux de fret ne devraient pas être abordées dans la révision du réseau RTE-T, à l'instar des dispositions relatives à la billetterie dans les gares pour passagers.
Le CdR, comme le CER, estime que les financements prévus pour le RTE-T, même majorés des 32 milliards du mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe, ne suffiront pas à couvrir tous les travaux d'infrastructure nécessaires. Les deux préconisent de mobiliser de nouveaux instruments de financement tels que les emprunts obligataires, ou des taxes liées à l'usage et à leur coûts externes, comme l'Eurovignette. (MD)