Bruxelles, 07/03/2012 (Agence Europe) - Alors que le 19 janvier dernier, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a engagé à Pristina un dialogue avec le Kosovo en vue de la libéralisation du régime des visas, le lobby ThinkYoung, défenseur des intérêts des jeunes européens, a décidé de revenir sur ce thème controversé lors d'une conférence organisée lundi 5 mars. Cette conférence fait partie d'un projet de plus grande ampleur intitulé « Sustainable Kosovo: advocacy for young people » visant à établir un lien entre les jeunes de l'Europe de l'Est et de l'Europe de l'Ouest et à promouvoir le potentiel des jeunes dans le développement durable du Kosovo.
ThinkYoung déplore les rejets successifs des demandes du Kosovo pour intégrer l'espace Schengen qui mettent un frein au développement de la jeunesse kosovare, puisque celle-ci se voit refuser l'accès à l'éducation, la formation ou l'expérience professionnelle à l'étranger. Au même titre que cinq autres États des Balkans - la Serbie, la Macédoine, le Monténégro, l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine - à qui l'UE a accordé l'accès sans visa à partir de 2009, le gouvernement kosovar doit opérer des réformes substantielles dans les domaines tels que la gestion des frontières, des flux migratoires, l'ordre public et la sécurité (en particulier la lutte contre le crime organisé et la corruption) et les questions relatives aux droits fondamentaux liées à la liberté de circulation.
La problématique de la libéralisation du régime des visas au Kosovo tient entre autres à sa récente indépendance en 2008 et à la fragilité de ses institutions. Lors de la conférence, Ulrike Lunacek (Verts/ALE, autrichienne), rapporteur du Parlement européen pour le Kosovo, a souligné que « le gouvernement n'est peut-être pas aussi fort qu'il devrait l'être mais il y a un gouvernement et un parlement qui fonctionnent et qui réalisent des réformes constitutionnelles ». « Le Kosovo pourrait aspirer à entrer dans l'OCDE ou au Conseil de l'Europe et pourrait s'impliquer davantage dans la coopération régionale », a insisté la rapporteur.
La députée européenne Doris Pack (PPE, allemande) a aussi posé la question des perspectives d'avenir des jeunes kosovars privés de mobilité. « Je pense surtout à tous ces jeunes qui essaient de trouver un travail et qui n'ont pas de porte de sortie. Ne pas pouvoir sortir de son pays et y rentrer librement, c'est humiliant », s'est-elle insurgée. À la fin de son intervention, la députée s'est voulue rassurante quant au statut de candidat à l'adhésion de la Serbie, récemment accordé par l'UE, soutenant que « la Serbie ne fera jamais partie de l'UE sans résoudre préalablement les problèmes avec ses voisins ». (SD/stagiaire)