Bruxelles, 07/03/2012 (Agence Europe) - La douzième Université populaire quart monde (UPQM), réunie à Bruxelles lundi 5 mars, a mis en exergue le fossé d'incompréhension qui existe entre d'une part les 120 représentants des personnes vivant en situation d'extrême pauvreté et les décideurs politiques européens, nationaux et locaux.
Relayant les propos du président de l'Association Robert Schuman Paul Collowald et des fonctionnaires de la Commission européenne à la retraite Jacques-René Rabier et Robert Pendeville, Eugen Brand, délégué général d'ATD Quart Monde, a souligné à l'issue des travaux que « l'Europe ne se construit pas comme une Europe des droits de l'Homme si les pauvres ne sont pas là. L'enjeu, c'est la transmission du courage dans la construction européenne ». Le combat doit se faire au niveau des droits de l'Homme et de la démocratie. La citoyenneté doit être fondée et ancrée dans l'indivisibilité et dans les droits de l'Homme pour arriver à une Europe de la dignité et de la rencontre, a-t-il conclu.
Au cours des travaux, des appels ont été lancés: - au Parlement européen pour qu'il demande aux États membres de signer la Charte sociale européenne révisée avec son protocole de plainte collective (adoptée par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe le 12 octobre 2011) ; - à la Commission pour qu'elle lance un plus grand nombre de projets pour les droits fondamentaux sociaux et pour qu'elle présente un rapport bâti dans le temps qui se donne comme base un véritable croisements des savoirs ; - au Comité économique et social européen pour qu'il travaille plus avec les UPQM pour le refus de la misère et qu'il élabore un avis sur les conséquences des législations européennes sur les plus pauvres.
Pour la vice-présidente du Parlement européen, Isabelle Durant (Verts/ALE, belge), il est clair que le Parlement a aussi une vraie responsabilité vis-à-vis des personnes vivant en situation de pauvreté. « Il faut que vous soyez considérés comme des citoyens à part entière, des citoyens debout ! », s'est-elle exclamée. Pour Isabelle Durant, « la première chose que les autorités européennes doivent faire, c'est écouter. Nous sommes tous dans le même bateau, l'Europe doit sortir de son arrogance ! »
Le député européen Charles Goerens (PPE, luxembourgeois) a mis en exergue le fait que, dans la problématique de la pauvreté, la responsabilité des actions initiées au niveau européen incombe au premier chef aux États membres. « Je suis le premier à regretter qu'au niveau de l'UE, on n'ait pas beaucoup de moyens pour aider ses ouailles ! L'UE est dépositaire d'1% pour faire face à cette problématique contre 99% pour les États membres ». Et en matière de lutte contre la pauvreté, Charles Goerens a déclaré que jamais il n'accepterait que chacun se renvoie la balle, c'est-à-dire l'UE et les États membres, avec des moyens et des compétences inégaux.
La douzième édition de l'Université populaire quart monde européenne était centrée sur le thème: « Tous citoyens pour une Europe active contre la misère ». Organisée par le Mouvement ATD Quart Monde avec le soutien du Comité économique et social européen (CESE), elle a été ouverte par Staffan Nilsson, président de cette institution, Marie-Cécile Renoux, délégué d'ATD Quart Monde auprès de l'UE et Marc Couillard, militant d'ATD Quart Monde. Citons plus particulièrement la participation de Pier Virgilio Dastoli, président du Mouvement européen en Italie et porte-parole du Forum permanent de la société civile, Henri Lourdelle, conseiller à la Confédération européenne des syndicats (CES), Jürgen Klute, vice-président de l'Intergroupe extrême pauvreté et droits de l'Homme au PE, Leila Kurki, vice-présidente de la section Emploi/Affaires sociales/Citoyenneté du CESE. (Correspondance)