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Bulletin Quotidien Europe N° 10535
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La participation privée au 2ème programme devra être volontaire

Bruxelles, 19/01/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne rappelle qu'un accord sur la participation du secteur privé au 2ème sauvetage de la Grèce devra respecter les paramètres définis fin octobre lors du Conseil européen, parmi lesquels le caractère volontaire de cet accord. Une fois le marché conclu, les négociateurs du secteur privé devront l'annoncer à l'ensemble des détenteurs de titres grecs qui décideront s'ils y participent volontairement. Il sera alors possible de calculer le niveau de participation du secteur privé, espéré proche de 90%. La Commission, qui ne participe pas directement aux négociations, analysera l'accord à la lumière des décisions prises lors du sommet de fin octobre (EUROPE n° 10483).

Le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a espéré, jeudi 19 janvier, que les créanciers privés de la Grèce et les autorités helléniques s'entendent « le plus tôt possible ». Ce serait bien si les leaders européens disposaient d'une telle information lorsqu'ils se réuniront à Bruxelles dans dix jours, a-t-il ajouté, même si aucune date limite n'a officiellement été fixée. Sans nul doute, cet épineux dossier sera à l'ordre du jour de l'Eurogroupe, lundi 23 janvier.

Dans la dernière ligne droite des négociations, une partie de bras de fer est engagée entre les créanciers privés et le gouvernement grec. Les premiers rechignent à accepter la proposition des autorités en espérant une meilleure offre. Certains créanciers, parmi lesquels des fonds d'investissement spéculatifs, parieraient sur la politique du pire. Ils auraient en effet aussi à gagner d'un défaut désordonné de la Grèce puisqu'ils ont acquis des titres, les fameux CDS souverains, les assurant financièrement contre un tel événement. Les Européens veulent à tout prix éviter 'un événement de crédit' qui aurait des conséquences difficilement maîtrisables sur la stabilité du système financier. Mettant la pression sur les créanciers privés, le Premier ministre grec Lucas Papademos a prévenu qu'il n'excluait pas la possibilité de forcer les récalcitrants à accepter la proposition qui leur est soumise. Techniquement, des clauses spécifiques (clauses d'action collective) seraient introduites dans les contrats portant sur les obligations grecques stipulant qu'un accord serait applicable à toutes les parties dès lors qu'une majorité l'aurait accepté.

Est aussi incertaine la participation éventuelle de la Banque centrale européenne qui détiendrait près de 40 milliards d'euros de titres grecs, alors qu'elle jouit d'un statut 'senior' lui assurant un remboursement complet sur ses investissements.

Les autorités grecques souhaiteraient pouvoir annoncer les grandes lignes d'un accord sur la participation du secteur privé au 2ème programme grec lors de l'Eurogroupe. Sur les 130 milliards d'euros d'argent public qui seront alloués au plan d'aide, 30 milliards serviront à inciter les créanciers privés à échanger leurs titres de dette pour des titres d'une valeur moindre mais garanties en partie par le Fonds européen de stabilité financière. Objectif: ramener la dette grecque de 160% à 120% du PIB. En mars, Athènes devra honorer plus de 15 milliards d'euros d'engagements sur sa dette publique. (MB)

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