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Bulletin Quotidien Europe N° 10535
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) agriculture

Il faut selon le PE limiter la hausse des coûts des intrants

Bruxelles, 19/01/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen a estimé jeudi 19 janvier que « les producteurs primaires ne peuvent bénéficier pleinement de l'augmentation des prix à la production, car ils sont pris en tenaille entre, d'une part, les faibles prix au départ de la ferme en raison des positions fortes des transformateurs et des détaillants et, d'autre part, les prix élevés des intrants dus à une forte concentration des sociétés d'intrants agricoles ». En adoptant le rapport de José Bové (Verts/ALE) sur la chaîne de distribution des intrants agricoles, le PE préconise des mesures pour « desserrer l'emprise » (selon les mots du rapporteur) des multinationales qui vendent aux paysans les fournitures nécessaires, à savoir l'énergie, les engrais ou les semences.

« Force est de constater que les paysans sont clairement coincés entre le marteau et l'enclume. Ces secteurs qui regroupent des firmes comme Monsanto pour les semences, Cargill pour les engrais, ou Total pour l'énergie, sont particulièrement concentrés, opaques et peu sensibles aux préoccupations de nos concitoyens », estime José Bové.

Le PE souhaite un investissement important de l'UE dans des projets d'économie d'énergie, avec plusieurs propositions: l'amélioration des pratiques agricoles, la réduction des transports entre les producteurs et les consommateurs (grâce à la mise en place de circuits courts de commercialisation et en appuyant les consommations locales de saison), le renforcement de la production autonome d'énergie sur les fermes, le rééquilibrage entre les productions animales et végétales au niveau des bassins de production cohérents, en favorisant des pratiques agronomiques comme la rotation des cultures et l'élevage à l'herbe.

Le coût des engrais a été multiplié par deux ces dix dernières années, alors que les prix payés aux agriculteurs n'augmentaient, eux, que de 25 %. Certaines pratiques agronomiques (rotation des cultures) permettent de réduire fortement l'utilisation de ces produits et limitent ainsi fortement le lessivage (qui pollue les nappes phréatiques). Ainsi, les eurodéputés invitent-ils la Commission à promouvoir des pratiques agronomiques permettant de « réduire les coûts des intrants ainsi que le gaspillage de nutriments ». Par ailleurs, le PE se réjouit de l'importance accrue accordée par la Commission à la bioéconomie de l'Europe. Il demande qu'une partie substantielle du prochain programme-cadre de recherche soit consacrée à la recherche et au développement en matière d'utilisation et de gestion efficientes des intrants et en matière d'amélioration de l'efficacité agronomique.

L'amélioration des techniques culturales induit également une réduction des pesticides et des herbicides, en réduisant la pression des parasites et des mauvaises herbes. Les eaux usées et collectées représentent également une source potentielle d'engrais, « pour peu que des mesures adéquates soient prises pour assurer la séparation efficace des substances potentiellement dangereuses », selon le rapporteur.

Parmi les autres mesures demandées par le PE figurent: - l'ajout des investissements dans l'agriculture de précision à une liste facultative de mesures écologiques de l'Union qui feront l'objet de récompenses dans le cadre de la PAC (politique agricole commune), étant donné que ces pratiques innovantes, telles que la surveillance des sols assistée par GPS, contribuent également à l'atténuation du changement climatique, à la qualité des sols et de l'eau et aux finances des agriculteurs (avec une nette réduction de l'utilisation d'engrais, d'eau, d'amendements pour sol, de produits phytosanitaires et de pesticides, ce qui entraînera une baisse des coûts des intrants pour les agriculteurs) ; - l'introduction dans la nouvelle PAC des mesures et des instruments appropriés pour soutenir les agriculteurs qui cultivent des protéagineux (ceci peut permettre non seulement de réduire le déficit de l'Union en protéagineux ainsi que la volatilité des prix, et d'améliorer les pratiques agricoles et de renforcer la fertilité des sols) ; - la création d'une banque européenne de semences, afin de conserver et de préserver la variété génétique des plantes, de lutter contre la perte de biodiversité et de lier la diversité des cultures au patrimoine culturel des États membres.

Semences de ferme

L'augmentation de 30 % en moyenne des prix des semences depuis 2000 affecte également le revenu des agriculteurs. Selon José Bové, cette hausse est due au prix de plus en plus élevé des semences certifiées, « vendues par un nombre de plus en plus réduit de grandes entreprises internationales ». Mais elle est également liée aux mesures prises par un certain nombre d'États membres pour « limiter l'utilisation des semences de ferme, qui coûtent 40 % de moins, et qui sont produites et utilisées par les paysans eux-mêmes ». Le PE demande donc à la Commission et aux États membres de conserver, dans le cadre de la refonte à venir du règlement 2100/94 instituant un régime de protection communautaire des obtentions végétales, « la possibilité pour les agriculteurs d'utiliser des semences produites et transformées dans leur exploitation ». (LC)

 

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