Bruxelles, 19/01/2012 (Agence Europe) - À l'occasion de sa 10ème année d'existence, l'Association pour le fret ferroviaire européen (ERFA) enfonce le clou: il est nécessaire d'avancer dans la mise en place de l'ERTMS (the European Rail Traffic Management System) et de mettre fin aux « subsides cachés » qui pourraient persister chez les operateurs ferroviaires « historiques », à la lumière de la refonte en cours du paquet ferroviaire.
Soutien à l'ERTMS. L'ERFA organisait jeudi 19 janvier sa 10ème conférence annuelle à Bruxelles, l'occasion de réitérer son soutien a la commission pour rendre le rail plus interopérable en Europe, notamment via l'utilisation généralisée du système ERTMS. Si l association est un fervent supporter du système, elle souhaite mettre en avant que des problèmes demeurent surtout en matière de compatibilité entre les logiciels et le matériel (il semblerait que ce soit particulièrement le cas en Suède). L'ERFA demande dès lors à la Commission de relever les différentes failles et incompatibilité à travers l'Union, afin d'y apporter une solution pour que le système constitue véritablement et rapidement une réponse à l'interopérabilité. L'association n'hésite cependant pas à faire appel également à des financements européens pour couvrir la moitié des coûts que le passage à l'ERTMS suppose pour les opérateurs ferroviaires.
Refonte du paquet ferroviaire. L'ERFA revient à la charge également sur le fait que les opérateurs historiques puissent toujours bénéficier de « subsides cachés » dans la mouture actuelle de la refonte du paquet ferroviaire, celui-ci autorise en effet, dans une certaine mesure, des transferts financiers entre les gestionnaires d'infrastructure et les fournisseurs de services. L'ERFA plaide pour une concurrence équitable dans le secteur, et donc pour une séparation claire entre ces différents acteurs afin d'établir une véritable libéralisation du marché du rail.
Comparatif allemand-britannique. Afin de démontrer par un cas concret que la libéralisation du rail a un impact positif sur le marché, le membre britannique de l'ERFA (UK Rail Freight Group - RFG) a publié le même jour une étude comparative entre les structures ferroviaires allemande (modèle de holding) et britannique (séparation totale entre les opérateurs ferroviaires et les gestionnaires d'infrastructure). Celle-ci démontrerait qu'en termes de satisfaction des passagers, de croissance du trafic passager et fret, de libéralisation et de concurrence, le système britannique devance le système allemand. Les tenants de la libéralisation y trouvent donc un argument pour poursuivre la fin des monopoles nationaux sur les services ferroviaires. (MD)