Bruxelles, 19/01/2012 (Agence Europe) - À la suite de la présentation par la Commission européenne du Livre vert sur la restructuration des entreprises et l'anticipation du changement (EUROPE nº10533), mardi 17 janvier, la Confédération européenne des syndicats (CES) a réagi en reprochant l'immobilisme de l'institution qui, au lieu de proposer des mesures concrètes, ne fait encore une fois que poser des questions.
« Les travailleurs ne participeront pas à cette mascarade. Nous réclamons des mesures d'anticipation concrètes aujourd'hui et pas dans 10 ans », a déclaré dans un communiqué Judith Kirton-Darling, secrétaire confédérale de la CES, mercredi 18 janvier. Pour les syndicats, le moment est venu d'adopter des mesures concrètes et contraignantes à l'échelle européenne, surtout dans le contexte économique actuel, plutôt que de proposer une consultation publique, d'autant qu'il s'agit de la troisième après celles de 2002 et 2005. « Les règles du capitalisme financier sont mondiales, alors que les normes applicables à la participation des travailleurs dans la stratégie des sociétés et la restructuration restent en grande partie déterminées au plan national, avec quelques outils européens (information et consultation, conseils d'entreprise européens, etc.) », a rappelé la secrétaire confédérale de la CES. Pour autant, les représentants des syndicats européens, sans l'admettre directement, revendiquent ce que la Commission suggère à travers le dernier Livre vert quant au rôle des partenaires sociaux dans le cadre de la restructuration et de l'adaptation au changement. Lorsque Mme Kirton-Darling souligne que « seule une participation cohérente et plus forte des travailleurs peut permettre de gérer ce changement de manière socialement acceptable, de nourrir la confiance et d'élaborer des politiques d'anticipation », cela équivaut à la volonté de la Commission de soutenir ce qu'elle qualifie de « bonnes pratiques », comme le renforcement du dialogue social, particulièrement lors de restructurations. La Commission est donc peut-être sur la bonne voie, mais elle traîne les pieds, selon les syndicats. (JK)