Strasbourg, 18/01/2012 (Agence Europe) - L'UE examine la possibilité d'alléger les sanctions contre la Birmanie en février, mais aussi d'apporter une aide économique pour « saluer les réformes engagées par le régime », ont annoncé mercredi 18 janvier, des sources diplomatiques. « Mais la démarche fait encore débat », ont souligné les même sources. « Les débats portent sur quand et comment lever les sanctions. Il y a des opinions différentes sur l'opportunité de les lever plus ou moins rapidement », selon un diplomate.
« À la lumière des récents développements dans le pays, nous avons lancé un examen général de notre politique en Birmanie », a souligné le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères qui pourrait se rendre « prochainement » dans la capitale birmane, Naypyidaw.
Selon une source européenne, ce sujet sera discuté lors du Conseil des Affaires étrangères du 23 janvier et des conclusions sont prévues. Les ministres des Affaires étrangères français Alain Juppé et britannique William Hague, qui veulent que l'UE s'engage dans une « révision graduelle du régime de sanctions », ont décidé de saisir à cette occasion le Conseil « pour proposer des premières mesures à très court terme », a annoncé le ministère des Affaires étrangères français. Les chefs de la diplomatie français et britannique ont précisé que l'UE doit « rester vigilante ». Le régime des sanctions arrivera à échéance fin avril et l'Union européenne « doit étudier et adapter pour l'avenir une nouvelle approche », a précisé le ministre français. Il a ajouté que le « caractère démocratique » des élections législatives partielles du 1er avril et « des avancées sur le règlement de la question des conflits avec les minorités ethniques » seront des critères essentiels « pour nous déterminer » sur la suite.
L'UE a déjà allégé ses mesures restrictives contre la Birmanie en avril 2011, en suspendant des gels d'avoirs et des interdictions de visa pour un tiers des membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie.
Le gouvernement birman s'est engagé dans un processus de réformes et a montré des signes de bonne volonté tels que la libération de plusieurs centaines de prisonniers politiques, ou encore un accord de cessez-le-feu avec le principal groupe armé Karen. (CG)