Bruxelles, 18/01/2012 (Agence Europe) - Siim Kallas n'entend pas dévier de son objectif d'augmenter drastiquement les parts de marché de la navigation fluviale. Mais le chantier est vaste car nombreux sont les défis à relever pour rendre les voies navigables intérieures plus performantes: infrastructures, meilleure connexion aux autres modes de transport, verdissement de la flotte, etc. Sans s'étaler sur les moyens de financement, le commissaire européen chargé du transport n'exclut pas d'améliorer la législation en place, et de conclure des accords avec des organisations actives dans le domaine.
Kallas n'a pas hésité à qualifier de « décevantes » les 5% de parts du marché du fluvial lors d'une conférence organisée à Strasbourg mardi 17 janvier par la Commission centrale pour la navigation rhénane. Pour le commissaire, en accord avec les propositions établies dans le Livre blanc pour le transport, publié par la Commission l'année passée, il faut rendre les voies navigables plus compétitives et attrayantes afin que ce mode de transport puisse absorber, avec le rail, 50% du transport par la route de passagers et de fret d'ici 2050.
Des investissements sont indispensables pour améliorer l'infrastructure et il faut harmoniser les niveaux de qualité des ports à travers l'Union car des disparités sont notables entre l'est et l'ouest en matière de d'équipements, de productivité, de facilités et de gestion. Plus particulièrement, les améliorations à apporter concernent le transbordement et le stockage à l'est, et la capacité dans les ports situés dans le nord de l'Europe. L'étape suivante sera de mieux relier les ports intérieurs aux autres modes de transport tels que le rail et la route. Ces ambitions sont également pleinement reconnues par la Commission dans la nouvelle lecture du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), qui reprend le transport par voies navigables intérieures dans le futur réseau central.
Par ailleurs, le commissaire ne nie pas l'atout environnemental de la navigation intérieure, mais estime que le secteur peut encore mieux faire s'il veut garder son avantage sur la route. Il y a encore trop de moteurs peu efficaces, sans parler du carburant. Pour « verdir » la flotte, le commissaire parle même d'utiliser le gaz naturel liquéfié ; la Commission se penche déjà sur les infrastructures d'approvisionnement (EUROPE n° 10531).
Par contre, le commissaire est resté discret sur le financement de tous les investissements nécessaires, soulignant simplement qu'il « faudra utiliser au mieux les différents nouveaux instruments de financement durant la prochaine période budgétaire ». Il a aussi mentionné la possibilité d'une nouvelle législation pour améliorer les situations dans lesquelles le secteur est en retrait, et souhaite favoriser les coopérations entre les différentes organisations actives sur le terrain. Il n'exclut pas que certaines d'entre elles soient associées à la Commission, afin de mieux distribuer les tâches à réaliser. La Commission centrale pour la navigation rhénane pourrait faire partie du lot. (MD)