Bruxelles, 17/01/2012 (Agence Europe) - Kristalina Georgieva, commissaire européenne à l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises est arrivée mardi 17 janvier au Niger, première halte d'une mission de quatre jours qu'elle effectue dans la région du Sahel. Son objectif est d'évaluer les besoins humanitaires en concertation avec les autorités locales, d'analyser sur le terrain la réaction actuelle de la Commission européenne à la crise humanitaire et de recenser les besoins potentiels en assistance supplémentaire, en réponse aux appels des pays touchés par la famine. Après le Niger, elle se rendra aussi au Tchad car ce sont là les deux pays de la région les plus menacés par des pénuries alimentaires majeures dans les mois à venir. « Nul ne devrait vivre dans la crainte de la famine mais, d'ici quelques mois, des personnes commenceront à mourir de faim si nous n'intervenons pas », avertit Mme Georgieva. Et d'ajouter: « C'est la troisième fois en dix ans que cette région traverse une crise. Nous sauvons chaque année plus de 200 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, mais cela ne suffit pas: nous devons en faire davantage et nous le ferons. Je suis ici cette semaine pour m'assurer que nous fournissons une aide intelligente, qui parvienne aux plus vulnérables de la manière la plus efficace et économique possible ». Alors que la plupart des populations du Sahel sont très dépendantes de l'agriculture pluviale et de l'élevage pour leur survie, les récoltes de septembre dernier ont été anéanties, et la période annuelle dite « de soudure » débutera le mois prochain au lieu du mois de juin. 7 millions de personnes connaissent déjà la disette. Les prix alimentaires ont déjà augmenté de 40 %, et certaines prévisions tablent sur leur triplement au cours de la période de soudure. Pour quelque 22,9 millions de personnes, l'année 2012 commence avec une énorme incertitude quant à la possibilité de se nourrir et de nourrir leur famille. Les déficits de production alimentaire atteignent déjà 52 % de leur niveau de l'an passé et on estime à 1,3 million le nombre d'enfants de la région souffrant à l'heure actuelle de malnutrition aiguë sévère. La Commission fait en sorte d'atténuer les crises à venir en mettant en place, avec les organisations humanitaires partenaires, un programme qui traite actuellement plus de 200 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et s'emploie à trouver une solution permanente et durable aux problèmes chroniques d'insécurité alimentaire dans la région. Depuis 2005, la Commission a déboursé plus de 225 millions d'euros. Pour la crise actuelle elle a déjà alloué plus de 100 millions d'euros à la lutte contre la faim « et nous collaborons étroitement avec d'autres agences à l'élaboration d'une stratégie d'aide globale prévoyant à la fois des actions à court et long terme permettant de venir à bout de la malnutrition », précise la commissaire. (AN)