Bruxelles, 05/01/2012 (Agence Europe) - Le ministre espagnol de l'Économie Luis de Guindos a estimé que le secteur bancaire espagnol devra inscrire 50 milliards d'euros de provisions supplémentaires afin de couvrir les risques liés aux actifs immobiliers douteux. « Nous avons un problème lié au marché immobilier en Espagne, mais qui est gérable. (…) Si on se réfère aux évaluations effectuées au niveau international, on parle au maximum d'un besoin de provisions supplémentaires de 50 milliards d'euros », a-t-il déclaré dans une interview publiée jeudi 5 janvier par le Financial Times. Équivalent à 4% du PIB national, ce montant serait supérieur aux prévisions des banques elles-mêmes. Mais selon le ministre, la situation en Espagne est d'« une magnitude complètement différente » de celle observée en Irlande où une bulle immobilière a aussi éclaté.
M. de Guindos est convaincu que l'effort demandé au secteur bancaire espagnol aura un impact limité sur le budget national, alors que le déficit public devrait atteindre 8,2% du PIB en 2011 contrairement à l'objectif fixé de 6%. « Dans la grande majorité des cas, (les banques) peuvent fournir (ces provisions) elles-mêmes en puisant dans leurs bénéfices… et cela pourra être fait non pas en un an mais sur plusieurs années », a-t-il indiqué. Un processus de restructuration du secteur bancaire pourrait à nouveau s'enclencher. Les valeurs bancaires espagnoles étaient à la baisse, jeudi 5 janvier, en réaction aux déclarations du ministre espagnol.
Administrations régionales. Le nouveau gouvernement de Mariano Rajoy présentera prochainement un paquet de mesures visant à stimuler l'économie espagnole qui devrait presque stagner cette année, la Commission européenne prévoyant une augmentation du PIB de seulement 0,7% (EUROPE n° 10523). L'ancien patron pour l'Espagne et le Portugal de la défunte banque américaine Lehman Brothers a fait part de la volonté du gouvernement espagnol d'établir « des instruments stricts de contrôle sur les budgets des autonomies régionales ». « Avant d'approuver le budget, les ministres (des communautés espagnoles) devront recueillir le feu vert du gouvernement central », a ajouté M. de Guindos. (MB)