Bruxelles, 05/01/2012 (Agence Europe) - Un rapprochement s'opère entre les groupes ADLE, S&D, Verts/ALE au Parlement européen pour demander de sanctionner le gouvernement de Viktor Orban qui a fait voter une nouvelle Constitution aux accents très nationalistes, qui rogne sur l'indépendance de la banque centrale et de la justice. Le gouvernement Orban a aussi approuvé des mesures restreignant le pluralisme de la presse dans le pays.
Jeudi 5 janvier, le groupe des socialistes et démocrates du PE a préconisé une « action déterminée concernant la Hongrie » et dit envisager « des sanctions contre le gouvernement Orban ». Les eurodéputés socialistes et démocrates demandent au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de présenter un état des lieux, lors de la prochaine séance plénière du PE (16-19 janvier), sur les lois les plus controversées adoptées par les autorités hongroises, ainsi que sur les initiatives adoptées par la Commission européenne.
Le groupe S&D compte sur le soutien des autres groupes politiques du Parlement européen. Hannes Swoboda a déclaré: « Nous sommes aux côtés de la population hongroise mise chaque jour un peu plus sous pression par le gouvernement Orban. L'application de l'article 7 du traité devrait être sérieusement envisagée si le gouvernement Orban continue à braver les lois et valeurs européennes ». En cas de violation par un État membre de l'un des principes fondamentaux de l'UE, tels que la liberté, la démocratie, les droits de l'Homme, l'État de droit et d'autres libertés fondamentales, l'article 7 prévoit que le Conseil agisse en conséquence en prenant des sanctions contre cet État membre. Cela peut aller jusqu'à la suspension du droit de vote du pays incriminé au Conseil. « Je salue par avance toute action que prendrait le Parti populaire européen afin de suspendre Viktor Orban de ses fonctions de vice-président du Parti européen », déclare M. Swoboda. Il encourage également toute mesure visant à suspendre l'adhésion du parti conservateur hongrois Fidesz, tant que le Premier ministre Orban continuera à violer délibérément les lois et valeurs européennes.
Le Parti socialiste européen soutient l'opposition hongroise
Le Parti socialiste européen (PSE) avait exprimé la veille son soutien à l'opposition hongroise, et jugé que le gouvernement conservateur de Viktor Orban ne contrôlait plus la situation dans le pays. « Notre rôle est d'aider à faire prendre conscience à chacun que le gouvernement hongrois de Viktor Orban n'a plus le contrôle de la situation », a déclaré le président par intérim du PSE, le Bulgare Serguei Stanichev. Il a salué le rôle du leader du parti socialiste hongrois Attila Mesterhazy « qui contribue à l'édification d'une coalition pour la démocratie » en Hongrie. « Le Parti des socialistes européens s'engage à assurer son soutien à cette coalition », a-t-il ajouté. M. Stanichev a dénoncé les « mesures de plus en plus autoritaires » prises par le gouvernement Viktor Orban. Le secrétaire général du PSE, Philip Cordery, a reproché au Parti populaire européen auquel appartient le Fidesz, de ne pas prendre position sur la situation en Hongrie. « Le silence du Parti populaire européen (PPE) devient assourdissant. Le PSE appelle le PPE à suspendre le Fidesz, jusqu'à ce que les institutions démocratiques hongroises regagnent leur indépendance et leur intégrité », a-t-il souligné.
Mercredi, le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a appelé les institutions européennes à imposer des sanctions contre la Hongrie afin de contrer les « réformes réactionnaires » adoptées par le gouvernement de Viktor Orban. Selon M. Verhofstadt, l'UE doit dès à présent appliquer l'article 7 du traité de l'Union européenne qui permet de prendre des sanctions envers les États membres qui ne respectent plus les principes fondateurs de l'UE.
Dès le 20 décembre dernier, les coprésidents du groupe des Verts/ALE, Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, avaient adressé une lettre à M. Barroso dans laquelle ils font part de leurs plus vives préoccupations en ce qui concerne les lois hongroises sur les procédures législatives. Dans un communiqué publié jeudi 5 janvier, ce groupe demande d'entamer une procédure selon l'article 7 du traité. Pour Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, l'UE doit maintenant agir rapidement pour empêcher toute nouvelle évolution de la Hongrie vers un système « autoritaire incompatible avec les valeurs européennes fondamentales ». « Les attaques du gouvernement Orban contre la liberté de la presse, l'indépendance du pouvoir judiciaire, l'indépendance de la banque centrale nationale et les restrictions sévères qui pèsent sur les droits de l'opposition sont une violation grave et persistante des droits fondamentaux européens », estime-t-ils. Ils appellent aussi le Parti populaire européen (PPE) à suspendre l'adhésion du Fidesz au parti européen et au groupe parlementaire du PPE, jusqu'à ce que le respect des valeurs européennes aura été rétabli en Hongrie. (LC)