Bruxelles, 21/12/2011 (Agence Europe) - L'UE n'est pas responsable de l'impasse du round de Doha, selon le commissaire De Gucht, qui invite les pays émergents à prendre leurs responsabilités. Et les pays du G20 à respecter leurs engagements dans la lutte contre le protectionnisme.
Quand, par voie de presse, il n'impute pas aux États-Unis la responsabilité du blocage actuel des négociations multilatérales du round de Doha à l'OMC, Karel De Gucht ne manque pas de rappeler le rôle des grandes économies émergentes pour sortir de l'impasse. « [Les obstacles qui freinent les négociations] sont partout. Depuis un certain moment, l'UE est le seul grand acteur à l'OMC qui prend des initiatives. Nous avons fait des propositions claires, nettes et précises. Il faut prendre le chemin du multilatéralisme et éviter le protectionnisme », souligne le commissaire au Commerce, dans un entretien accordé au journal Le Temps, en marge de la conférence ministérielle de l'OMC la semaine dernière. La déclaration de Doha initiale était-elle trop ambitieuse ? « Je ne crois pas. La différence aujourd'hui est que la position de certains pays a changé: les pays émergents ont largement émergé, et sont devenus les plus grands concurrents. Il faut qu'ils assument leur responsabilité en tant que tels. C'est ce que fait l'UE », insiste M. De Gucht, qui voit dans la conclusion du round un possible remède à la crise, puisqu'il « créerait de la croissance », en agissant « comme un plan de relance et un encouragement pour combattre le protectionnisme ». Le commissaire au Commerce redoute par ailleurs « une vague de protectionnisme (…) pire qu'en 2008-2009 », caractérisée par « une prolifération des mesures », allant des taxes à l'exportation et à l'importation, aux restrictions des exportations et à la violation de la propriété intellectuelle. « Le monde rentrerait dans un cercle vicieux dangereux », prévient-il, attendant « des chefs d'État assis autour de la table », notamment dans le cadre du G20, qu'ils « s'engagent à faire ce qu'ils promettent » contre le protectionnisme. « Il faudrait un peu de logique », conclut-il. (EH)