Bruxelles, 18/11/2011 (Agence Europe) - La Conférence des Régions périphériques maritimes (CRPM) interprète les fonds dédiés à la révision du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T), présenté le 19 octobre dernier par la Commission européenne, comme une diminution de l'enveloppe pour l'infrastructure transport,. Son Président Jean-Yves Le Drian interpelle le commissaire européen en charge du transport, Siim Kallas sur cet enjeu de taille dans une lettre datée du 15 novembre: « Vous proposez de dédier un budget d'environ 32 milliards € aux infrastructures du RTE-T, en additionnant les contributions du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe et du Fonds de Cohésion, pour un territoire européen qui devrait s'élargir par l'entrée de nouveaux États membres avant 2020. Il s'agirait d'une réduction budgétaire, puisque pour la période de programmation actuelle, le cumul des contributions de la ligne budgétaire RTE-T et des interventions du Fonds de cohésion sur ce réseau devrait s'établir autour de 43 milliards d'euros ».
Connections manquantes. M. Le Drian a expliqué les inquiétudes de 151 régions d'Europe sur la politique européenne de transport au commissaire européen dans une lettre datée du 15 novembre. Plus particulièrement, la CRPM cherche aussi à savoir sur quelle base les 10 corridors dessinés dans la révision du RTE-T seront financés par le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe. Le président de l'association ne manque pas de noter également qu'aux yeux des régions périphériques maritimes certaines connexions sont manquantes. « 'Connecting Europe' ne signifie pas seulement pour nous connecter des territoires à des pôles économiques et démographiques majeurs, mais aussi connecter des territoires périphériques entre eux et connecter des mers régionales entre elles (« connecting the seas ») ». La CRPM entend donc formuler des recommandations plus précises à ce sujet prochainement, notamment aussi au sujet des autoroutes de la mer. Le projet risquant d'être mis à mal si le programme Marco Polo n'était pas poursuivi, met en garde le président Le Drian.
Ferroviaires. La CRPM formule aussi des critiques au sujet des lignes ferroviaires prévues dans la révision du RTE-T et qui verraient le transport des passagers et le fret partager les mêmes tronçons. Une approche qui ne serait pas à l'avantage du maritime: « En tenant compte des spécificités de chaque type de transport (passagers/marchandises), la CRPM considère que cette proposition ne répond pas aux besoins de capacité pour le transport de fret, notamment pour permettre une connexion optimale avec les ports européens », déplore Jean-Yves Le Drian, également président de la région française de Bretagne.
Autant de sujet sur lesquels les régions périphériques maritimes attendent des clarifications de la part du commissaire, et comptent aussi formuler des amendements plus précis dans les mois à venir. De manière plus générale, la missive insiste aussi auprès de M. Kallas sur le fait que la politique européenne se doit d'être un outil au service de la cohésion territoriale et de la mobilité durable, elle devrait pour cela mieux promouvoir le transport maritime à courte et moyenne distance. (MD)